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Au Bénin: 169 personnes dans l’audiovisuel public ont été licenciés


Au Bénin, 169 agents de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) ont été mis à la porte le 13 mai dernier. La SRTB, qui a remplacé l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB) en novembre 2023, a proposé un plan de modernisation assorti d’un volet social, et un audit de compétences. Selon les syndicats, il y a eu un processus expéditif et sans concertation.

Le syndicat de l’audiovisuel public affirme avoir négocié et obtenu un accord pour la mise sur pied d’un cadre de concertation. Mais celui-ci n’a jamais été installé jusqu’au 8 mai, où les choses se sont brusquement accélérées.

Après deux réunions à la Direction générale du travail, Romulus Sodjeme, du Syndicat des travailleurs de l’audiovisuel public, dénonce des licenciements sans aucune consultation préalable : « À aucun moment on ne nous a présenté le projet de licenciements. Il n’y a pas eu de discussion préalable, y a pas eu de concertation, il n’y a pas eu débat autour. Il y a des gens qui n’ont pas été écoutés par l’auditeur. La direction générale du travail, malgré toutes nos dénonciations, a décidé de donner son accord pour acter le licenciement pour le 13 mai. »

Ils réclament notamment le paiement rapide des droits légaux pour que les licenciés ne sombrent pas.

 

« Un licenciement sans préavis bouleverse tout »
Ces fonctionnaires de l’audiovisuel public béninois sont issus des équipes de l’antenne radio et télévision, des ressources humaines, des finances et de la communication. Pour les agents, le choc est brutal. L’un d’eux témoigne, désorienté : « Un licenciement sans préavis bouleverse tout. Être mis à la porte est traumatisant, surtout quand on n’a préalablement pas commis de faute. Derrière un travailleur, il y a plusieurs personnes qui en dépendent. C’est toute sa famille qui va subir cette douleur. »

Deux associations de la presse privée ont réagi : la Padem-Bénin ( Plateforme des acteurs et promoteurs pour le développement des médias) condamne un licenciement qu’elle qualifie d’abusif, tandis que l’UPMB (l’Union des professionnels des médias du Bénin) dénonce un projet susceptible de créer une détresse émotionnelle aux conséquences sociales imprévisibles.

Les syndicats, peu convaincus par les critères retenus, demandent au chef de l’État d’ordonner un contre-audit de compétences. « Je ne pense pas qu’il y ait 169 agents incompétents à la SRTB », insiste le syndicaliste.

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