À Adjahui Coubé, chaque coupure d’électricité se transforme en calvaire. Quand le courant disparaît, il faut parfois attendre deux à trois jours avant qu’il ne revienne. Une situation intenable qui met en péril les activités économiques, la santé des habitants et la vie quotidienne d’un quartier laissé pour compte.
« On coupe le courant à 3h du matin, et il faut patienter des jours avant qu’il ne revienne. » Ce cri de détresse résume le quotidien des habitants d’Adjahui Coubé, plongés dans une obscurité prolongée, contrairement aux autres quartiers d’Abidjan où le rétablissement se fait en quelques heures.
Un quartier oublié par le réseau et des activités économiques paralysées
Dans d’autres zones d’Abidjan, une coupure matinale est souvent résolue le soir même, à Adjahui Coubé, la population reste abandonnée. Les habitants dénoncent une gestion inéquitable qui les prive d’un service essentiel, accentuant leur sentiment d’exclusion. Les femmes qui conservent leurs produits alimentaires voient leurs marchandises se gâter. Les vendeuses de jus, privées de réfrigération, jettent chaque jour des litres de production. Les pertes financières s’accumulent, fragilisant des foyers déjà précaires.
« Adjahui Coubé vit dans le noir pendant des jours, pendant que les autres quartiers retrouvent la lumière en quelques heures. C’est une injustice flagrante, avant on coupait oui mais cette année c’est de trop on n’en peu plus qu’est-ce qui se passe ?» à déclarer Mme Aka résidente a adjahui
À l’hôpital d’Adjahui Coubé, les coupures prolongées obligent à recourir en permanence aux groupes électrogènes. Le coût du carburant devient insoutenable « Combien d’essence faudra-t-il encore payer pour alimenter tout l’hôpital ? » s’interroge le personnel, inquiet pour la prise en charge des patients.
Une population à bout où L’insécurité gagne du terrain
Entre obscurité, pertes économiques et services publics paralysés, les habitants expriment leur colère. Ils réclament une prise en compte urgente de leur situation « Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. Nous avons droit à l’électricité comme les autres. » Privé d’éclairage public et domestique, le quartier devient un terrain propice aux agressions. Les habitants rapportent des attaques nocturnes, mais aussi en pleine journée. «Quand il n’y a pas de lumière, les agresseurs profitent. Nous vivons dans la peur. » témoigne une Mère de famille. Cette insécurité ajoute une dimension dramatique à la crise au-delà des pertes matérielles, c’est la sécurité physique des habitants qui est menacée. La crise énergétique à Adjahui Coubé dépasse le simple problème technique elle révèle une fracture dans la distribution des services publics. Tant que les autorités n’interviendront pas pour rétablir l’équité, la population restera plongée dans une obscurité qui étouffe son quotidien et sa dignité.



