La France a réaffirmé mercredi à Rabat que « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », tout en précisant les premières mesures diplomatiques, consulaires, culturelles et économiques engagées depuis le changement de position officialisé par Emmanuel Macron en juillet 2024.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé la primauté accordée à la souveraineté marocaine au Sahara, l’issue de son entretien avec son homologue marocain Nasser Bourita. Cette déclaration intervient dans un contexte de consolidation du rapprochement diplomatique entre Paris et Rabat, amorcé après plusieurs années de tensions bilatérales autour de dossiers politiques et sécuritaires.
Le chef de la diplomatie française a rappelé que cette position s’inscrivait dans la continuité de la lettre adressée le 30 juillet 2024 par le président Emmanuel Macron au roi Mohammed VI. «Le présent et l’avenir de ce territoire s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine», a-t-il déclaré, qualifiant le dossier du Sahara de «stratégique pour la France et pour la région».
Dans le prolongement de cette ligne diplomatique, Jean-Noël Barrot a également réaffirmé le soutien de Paris au plan marocain d’autonomie, présenté par la France comme «la seule base d’une solution politique juste, durable et négociée».
Le ministre français a souligné que la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies s’inscrivait «dans cette logique», saluant parallèlement la reprise des discussions directes entre les différentes parties concernées.
Paris a surtout détaillé plusieurs mesures concrètes destinées à traduire cette nouvelle doctrine sur le terrain. La France affirme avoir renforcé sa présence consulaire dans les provinces du Sud à travers l’ouverture d’un centre de dépôt des demandes de visas. Les autorités françaises ont également annoncé le lancement d’activités culturelles nouvelles avec la création d’une Alliance française à Laâyoune ainsi que l’inauguration d’un nouvel établissement scolaire.
Le volet économique figure également parmi les axes mis en avant par la diplomatie française. Jean-Noël Barrot a indiqué que des entreprises françaises étaient désormais engagées dans des investissements au Sahara, précisant que l’Agence française de développement accompagne cette dynamique aux côtés d’autres opérateurs publics français. Aucun montant global d’investissement n’a toutefois été communiqué à ce stade par les autorités françaises.
Cette évolution marque une étape supplémentaire dans le repositionnement français sur le dossier du Sahara, alors que plusieurs partenaires occidentaux et africains ont renforcé ces dernières années leur soutien au plan d’autonomie marocain présenté par Rabat en 2007 sous l’égide des Nations Unies.



