Un nouveau rapport des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et de l’Équipe Europe révèle que l’investissement dans la recherche et développement (R&D) en santé pourrait accroître le PIB africain de 668 milliards de dollars sur les vingt prochaines années.
Présenté lors d’un événement en marge de l’Assemblée mondiale de la Santé à Genève, un document intitulé « Investir dans la R&D en santé : le prochain moteur de croissance économique de l’Afrique ». Le rapport qui s’inscrit dans le cadre du Partenariat santé UA-UE, révèle que la R&D en santé pourrait générer jusqu’à 668 milliards de dollars en 20 ans en Afrique.
L’étude, coordonnée par l’Africa CDC avec le soutien financier de la Belgique et de l’Allemagne et l’appui technique de plusieurs partenaires dont Global Health Ecosystems, Enabel et la GIZ, analyse les effets macroéconomiques d’une augmentation des investissements africains en R&D sur la croissance, l’emploi, les investissements privés, le commerce extérieur et les capacités scientifiques.
Les résultats indiquent que si les pays africains respectent l’objectif de l’Union africaine d’allouer 1 % de leur PIB à la recherche et au développement, dont 15 % à la santé : le PIB du continent pourrait progresser de 668 milliards $ en 20 ans, chaque dollar investi générerait environ 137 dollars de valeur économique, les investissements seraient rentabilisés en quatre ans, et 4,56 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2044.
Le rapport souligne que la R&D en santé doit être considérée comme un levier stratégique de souveraineté économique, d’industrialisation et de compétitivité, plutôt que comme une simple dépense.
Plusieurs responsables ont salué ces conclusions. Le Dr Raji Tajudeen, de l’Africa CDC, insiste sur la nécessité pour l’Afrique de développer ses propres capacités technologiques afin de maîtriser son avenir sanitaire et économique.
De son côté, la représentante belge Annelies Verstichel a mis en avant l’importance de renforcer les capacités régionales et les partenariats internationaux pour soutenir les écosystèmes africains de recherche et d’innovation.
Le rapport cite également plusieurs exemples de progrès sur le continent, notamment l’initiative Afrigen mRNA en Afrique du Sud, le partenariat entre le Rwanda et BioNTech pour la production de vaccins, l’expansion de l’industrie pharmaceutique en Égypte et le développement de la recherche clinique au Kenya.
Au-delà des projections économiques, l’étude indique que ces investissements permettraient de développer une industrie manufacturière à forte valeur ajoutée, de réduire la dépendance aux importations, de renforcer la sécurité sanitaire et de créer des emplois qualifiés.
Elle avertit toutefois que le coût de l’inaction serait élevé : une baisse des investissements en R&D pourrait entraîner une perte de plus de 1 000 milliards $ de PIB sur deux décennies.
Enfin, le rapport appelle à une meilleure coordination entre gouvernements africains, institutions régionales et partenaires internationaux afin de bâtir des écosystèmes d’innovation durables et de mobiliser des financements mixtes pour la recherche, la production et les infrastructures scientifiques.
Selon l’Africa CDC, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la souveraineté sanitaire et la transformation économique du continent par l’innovation.



