Le président tunisien a multiplié les critiques contre les retards des projets publics et les dysfonctionnements administratifs lors d’une visite surprise dans le gouvernorat de Nabeul.
Le président tunisien Kaïs Saïed a effectué lundi une tournée inopinée dans plusieurs localités du gouvernorat de Nabeul, dans le nord-est du pays, dans un climat marqué par le durcissement de son discours contre les lenteurs administratives et les défaillances des services publics.
Selon un communiqué de la présidence tunisienne, le chef de l’État s’est rendu successivement au port d’El Omra, à El Manguaâ, dans la région de Rtiba relevant de Takelsa, avant de poursuivre sa visite à Korbous.
La présidence a indiqué que cette tournée avait permis de constater plusieurs «dépassements liés au domaine public» et d’écouter les revendications des habitants. Kaïs Saïed a également inspecté la route reliant Nabeul à Kélibia, un chantier engagé depuis 2018 mais toujours inachevé malgré la disponibilité des financements nécessaires, selon les autorités tunisiennes. Le président a une nouvelle fois dénoncé les retards administratifs et les difficultés d’exécution affectant plusieurs projets d’infrastructure dans le pays.
Quelques heures auparavant, Kaïs Saïed avait réuni au palais de la Kasbah la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri. À l’issue de cette rencontre, la présidence tunisienne a diffusé un communiqué particulièrement ferme dans lequel le chef de l’État estime que «les dysfonctionnements dans le fonctionnement des services publics ne peuvent plus être tolérés» et que «le maintien de la situation actuelle à tous les niveaux n’est plus acceptable».
Le président tunisien a affirmé que «les avertissements ont été multipliés» et que «le moment est venu de poursuivre la bataille de libération nationale», reprenant une rhétorique régulièrement utilisée depuis la concentration des pouvoirs engagée en 2021. Il a également averti que toute personne se considérant «au-dessus de la loi» devra «assumer ses responsabilités».
Cette montée en pression intervient alors que la Tunisie demeure confrontée à des difficultés économiques persistantes, marquées par une croissance limitée, des finances publiques fragilisées et des retards dans plusieurs programmes d’infrastructures publiques. Les critiques présidentielles ciblent régulièrement l’administration, accusée par Kaïs Saïed de freiner l’exécution des décisions publiques et d’entretenir des pratiques héritées des précédentes périodes politiques.
La présidence a également indiqué que Kaïs Saïed s’était rendu dans la nuit au collège de Béni Khiar, où il a ordonné le lancement immédiat de travaux d’aménagement et de maintenance destinés à améliorer les conditions de scolarisation.
Depuis plusieurs mois, le chef de l’État multiplie les visites de terrain non annoncées dans différentes régions tunisiennes afin de mettre en avant sa proximité avec les citoyens et son suivi direct des dossiers locaux.



