Le segment de Haut niveau de la 2ème Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone, tenue ce mercredi 20 mai à Rabat, a adopté une Déclaration saluant le rôle moteur joué par le Royaume du Maroc en tant qu’acteur majeur de la paix et de la sécurité internationales.
La 2e Conférence sur le maintien de la paix en environnement francophone, co-présidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barro, a été marquée par une intervention préenregistrée du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres appelant à l’adaptation des opérations aux réalités sur le terrain.
L’événement a réuni 26 ministres et 63 délégations représentant des pays de tous les continents, d’après la diplomatie marocaine.
La Conférence a salué, à travers la Déclaration de Rabat, les efforts du Maroc en matière de médiation, de diplomatie préventive et de promotion du dialogue pour le règlement pacifique des différends.
Dans cette Déclaration, les ministres participants, tenant compte du contexte actuel auquel sont confrontées les opérations onusiennes de maintien de la paix, ont exprimé leurs préoccupations face au recours accru, par des acteurs non étatiques et des groupes armés, à des outils et armements visant les théâtres de déploiement de ces opérations.
Ils ont réaffirmé que la sécurité et la sûreté des opérations de maintien de la paix demeurent une priorité absolue, tout en condamnant avec la plus grande fermeté ces attaques, susceptibles de constituer des crimes de guerre, selon le texte. Les participants ont rappelé l’impératif de garantir la liberté de mouvement des casques bleus et de lever toute entrave à la mise en œuvre de leur mandat.
À travers la Déclaration de Rabat, les délégations participantes se sont dites prêtes à œuvrer en faveur de mandats d’opérations de maintien de la paix clairs et réalistes, privilégiant notamment des stratégies de sortie de crise, la primauté des solutions politiques et l’adaptation à la nature évolutive des conflits, contribuant ainsi à l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables.
Elles ont souligné l’importance du respect et de la mise en œuvre des décisions et résolutions de l’Organisation des Nations Unies relatives au maintien de la paix. Dans cet esprit, ajoute la Déclaration, les participants ont indiqué qu’ils continueront à soutenir les efforts multilatéraux visant à promouvoir la coopération internationale et à renforcer l’efficacité des opérations de maintien de la paix sur le terrain.
Ils sont également convenus de poursuivre ce processus de réflexion stratégique sur l’avenir des opérations de maintien de la paix en environnement francophone, en faveur d’un multilatéralisme efficace au cœur du mandat des Nations Unies.
La Déclaration de Rabat a, par ailleurs, salué le rôle essentiel joué par les pays contributeurs aux opérations de maintien de la paix, en reconnaissance de leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité internationales, ainsi que de leur contribution à l’élaboration d’une doctrine dédiée au maintien de la paix.
Les ministres ont accordé une importance particulière à la formation, considérée comme un préalable indispensable au déploiement, aussi bien initial qu’en cours de mission. Qualifiant la formation de socle sur lequel reposent la sécurité, la performance et l’efficacité de toute opération de maintien de la paix, les ministres ont encouragé les efforts visant à renforcer l’interopérabilité des cycles de formation afin de permettre aux Casques bleus d’opérer selon des standards communs. Dans ce sens, ils ont prévu de promouvoir des mécanismes de renforcement des capacités des opérations de maintien de la paix, en particulier celles déployées dans des environnements complexes, ainsi que de mobiliser les réseaux francophones existants afin de constituer un vivier d’experts en médiation susceptibles d’être déployés au sein des opérations de maintien de la paix en environnement francophone.
Les délégations ministérielles participantes ont de même convenu de renforcer le multilinguisme au sein des opérations onusiennes de maintien de la paix afin de faire face au fléau de la désinformation et des discours de haine, qui compromettent la sûreté et la sécurité des Casques bleus déployés sur le terrain.
Sur la base de ces actions concrètes, les ministres ont exprimé leur engagement à intégrer ces principes fondamentaux dans les contributions de leurs pays aux prochaines discussions portant sur l’examen de l’architecture du maintien de la paix, y compris dans son articulation avec la consolidation de la paix, en tenant compte des conclusions de la Deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone.
Les délégations ont convenu aussi de poursuivre l’action collective et la concertation au sein de l’ONU, de l’OIF et des instances internationales compétentes afin de renforcer l’efficacité du maintien de la paix, en privilégiant une approche politique et opérationnelle fondée sur le réalisme et le pragmatisme.



