05252026Headline:

Le durcissement de l’obtention de la «Green Card» aux USA, coup dur pour la diaspora africaine


L’administration américaine a durci les conditions d’accès au statut de résident permanent aux États-Unis. Désormais, les candidats à la fameuse « Green Card » devront effectuer les démarches dans leur pays d’origine et non plus depuis le territoire américain, ce qui impose aux titulaires de titres de séjour temporaires de quitter leurs foyers pour un long voyage. La nouvelle a fait l’effet d’un choc dans la diaspora africaine, et notamment camerounaise.

Si obtenir la « Green Card » aux États-Unis était déjà compliqué, cela va devenir encore plus difficile. En effet, l’administration américaine, qui continue de resserrer les mailles de sa politique migratoire, impose désormais aux demandeurs de la précieuse carte verte de réaliser les démarches depuis leur pays d’origine alors qu’en pratique, la majorité des demandes étaient jusqu’à présent déposées directement depuis le territoire américain.

La nouvelle est tombée vendredi 22 mai, veille de long week-end férié aux États-Unis, propice aux réunions de famille et aux barbecues festifs. Mais Sylvie Bello, elle, n’a pas pu en profiter. Alors qu’elle est la tête d’une organisation de défense des droits des personnes d’origine africaine sur le sol américain – le Cameroon American Council -, son téléphone n’arrête pas de sonner depuis ces nouvelles annonces qui ont ébranlé pas mal de membres de la diaspora africaine présente dans le pays.

« Il y a beaucoup d’inquiétude, livre-t-elle. Ce que les gens nous disent, c’est qu’ils ont suivi les règles, qu’ils ont payé tous les frais, qu’ils ont attendu, et que maintenant on leur dit qu’ils doivent faire leurs valises et partir. Beaucoup se demandent : “Si je pars, est-ce qu’on me laissera revenir ?”. Parce qu’il ne faut pas oublier la situation en matière de visas pour de nombreux pays africains… Donc ils sont très perturbés par ce qui se passe. »

De nombreuses familles forcées de se séparer
Sylvie Bello juge par ailleurs cette mesure aberrante, notamment pour les milliers de militaires africains incorporés dans l’armée américaine. « Beaucoup de nos soldats d’origine africaine et camerounaise s’inquiètent parce que leurs conjoints ou leurs parents risquent d’être séparés d’eux pendant qu’ils sont en mission, confie Sylvie Bello. J’ai reçu un appel ce week-end d’un jeune homme qui va rejoindre la Garde nationale. Il doit partir pendant quatre jours et sera injoignable. Il me dit : “Je vais être absent et laisser seul mon père handicapé. Je ne sais pas quoi faire. Est-ce qu’ils vont s’en prendre à lui pendant que je serai parti ?” C’est vraiment regrettable. »

Les détenteurs de visas à durée limitée, « comme les étudiants, les travailleurs temporaires, ou les personnes avec un visa de touriste, viennent aux États-Unis pour une période courte et une raison précise. Notre système est conçu pour qu’ils repartent quand leur séjour est terminé. Leur séjour ne doit pas fonctionner comme un premier pas vers le processus de “Green Card” », a pour sa part justifié le porte-parole des services américains pour la citoyenneté et l’immigration (USICS), Zach Kahler, dans un communiqué.

« Cette nouvelle politique va obliger des milliers d’immigrés LEGAUX, dont les époux de citoyens américains, à quitter leur maison, leur famille et leur travail pour des semaines, voire des mois, pour obtenir leur “Green Card” hors des États-Unis », s’est quant à lui alarmé un député démocrate, Chuy Garcia, sur X. Selon le Washington Post, les États-Unis délivrent plus d’un million de « Green Cards » chaque année, et, jusqu’à présent, plus de la moitié des demandeurs se trouvaient déjà sur le sol américain.

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