À Madagascar, nouvelle secousse dans le monde judiciaire, le parquet de Tananarive a demandé le feu vert pour poursuivre quatre juges de la Haute Cour constitutionnelle, accusés de « complot en vue de déstabiliser le pays ».
Cette affaire éclate dans un climat déjà très tendu, deux jours seulement après que la Cour a rejeté une demande de destitution visant un proche du pouvoir.
Concrètement, le parquet a saisi la ministre de la Justice pour pouvoir engager des poursuites pénales contre quatre des neuf membres de la HCC. Leur tort ? Avoir soi-disant fomenté un complot. Le timing interroge : cette demande tombe juste après que la Cour a déclaré irrecevable une requête déposée par un député contre le colonel Michaël Randrianirina, accusé de multiples violations de la Constitution.
Cette proximité temporelle fait jaser. Sur les réseaux sociaux, même le mouvement « Gen Z », pourtant souvent critique envers la HCC, s’interroge ouvertement. Certains évoquent des pressions possibles sur les magistrats ou des hauts responsables. L’affaire s’ajoute à une série d’incidents récents : il y a quelques jours, l’Assemblée nationale avait tenté de remplacer deux des juges concernés, alors qu’aucun poste n’était officiellement vacant. Une manœuvre perçue comme une ingérence dans le fonctionnement de la plus haute instance constitutionnelle du pays.
Maintenant, la procédure suit son cours. Le parquet doit respecter les règles prévues pour poursuivre des membres de la HCC, une institution chargée de veiller au respect de la Constitution et de trancher les principaux contentieux institutionnels du pays.



