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Présidentielle en Colombie: le second tour opposera un candidat de gauche à un représentant de la droite dure

 


Admirateur de Donald Trump, l’excentrique avocat millionnaire Abelardo de la Esprilla est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle organisée dimanche 31 mai en Colombie avec plus de 43% des suffrages. Au second tour, il affrontera Ivan Cepeda, l’héritier politique du président de gauche sortant, Gustavo Petro, arrivé deuxième avec près de 41% des voix.

La gauche au pouvoir et la droite dure s’affronteront au second tour de la présidentielle en Colombie, le 21 juin prochain, lors d’un scrutin décisif alors que le pays sud-américain connaît une violence des groupes armés sans précédent depuis dix ans, selon les résultats publiés à l’issue du premier tour dimanche 31 mai.

Avec 43,74% des suffrages, l’avocat millionnaire Abelardo de la Espriella, admirateur de Donald Trump, devance de trois points le sénateur et philosophe Ivan Cepeda, héritier politique du président sortant Gustavo Petro, après le dépouillement de la quasi totalité des bureaux de vote. « Nous allons changer l’histoire de la Colombie pour toujours », a promis le candidat après la publication des résultats dans une vidéo tournée depuis la ville caribéenne de Barranquilla (nord) où ses supporters ont laisser éclaté leur joie en parcourant la ville. La semaine dernière, les sondages avaient donné Ivan Cepeda favori du premier tour.

La candidate de droite Paloma Valencia, sénatrice adoubée par le puissant ex-président conservateur Alvaro Uribe (2002-2010), arrive quant à elle loin derrière avec moins de 7% des voix. Celle-ci a annoncé son soutien à De la Espriella pour le second tour.

 

Le conflit avec les groupes armés en toile de fond

Ce scrutin intervient alors que la Colombie connaît sa pire flambée de violence depuis la signature de l’accord de paix avec la guérilla des Farc en 2016. De nombreux dirigeants communautaires y ont été assassinés, des civils ont péri dans des attentats et un prétendant à la présidence a été tué.

Les deux candidats s’opposent sur la direction à prendre pour venir à bout d’un conflit armé interne vieux de six décennies mais en pleine résurgence : continuer à négocier la paix avec les groupes armés, stratégie du président sortant Gustavo Petro, ou bien utiliser la force pour venir à bout des guérillas, ex-paramilitaires et cartels. Les experts estiment que les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale et l’extorsion ont profité des négociations de paix menées sous le gouvernement Petro pour renforcer leurs positions.

« Outsider »
La Constitution interdit à Gustavo Petro, premier dirigeant de gauche de l’histoire du pays, de briguer un second mandat. Ce président clivant jouit d’une forte popularité parmi les classes populaires après avoir augmenté le salaire minimum et élargi les programmes sociaux dans l’un des pays les plus inégalitaires au monde.

Son dauphin, Ivan Cepeda, un défenseur des droits de l’homme de 63 ans, mise sur la poursuite des réformes sociales et des infructueuses négociations de paix avec les groupes armés.

Abelardo de la Espriella, 47 ans, se fait appeler « Le Tigre » et promet pour sa part la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles. Se présentant en « outsider » de la présidentielle, il reprend à l’envi une rhétorique de « main de fer » qui a récemment valu plusieurs victoires à la droite en Amérique latine. Admirateur des présidents américain Donald Trump, salvadorien Nayib Bukele et argentin Javier Milei, il propose de construire dix méga-prisons, de réduire de 40% la taille de l’État et de bombarder les campements des trafiquants de drogue en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne. Lors du premier tour dimanche, celui-ci a qualifié l’élection de « bataille la plus importante de l’histoire de la république ».

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