Le différend opposant la Mutuelle des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MA-MIRAH) au Syndicat national des Halieutes de Côte d’Ivoire (SYNHA-CI) se durcit.
Après une mise au point de la Direction exécutive de la mutuelle, le secrétaire général du SYNHA-CI, Adou Koffi, a apporté une réponse dans laquelle il conteste la démarche de la MA-MIRAH et maintient ses réserves sur le projet de précompte des cotisations sur les salaires des agents.
L’origine de la confrontation
À l’origine de cette nouvelle confrontation, une sommation envoyée au directeur de la Solde par le SYNHA-CI, par l’intermédiaire d’un commissaire de justice. Le syndicat entendait ainsi s’opposer à tout éventuel prélèvement automatique des cotisations au profit de la MA-MIRAH.
La mutuelle affirme, de son côté, n’avoir jamais sollicité la Direction de la Solde pour mettre en œuvre un tel dispositif. Dans un communiqué, la Direction exécutive rappelle toutefois que ses statuts autorisent la possibilité d’un prélèvement à la source. Cette disposition, précise-t-elle, est soumise à l’accord préalable de chaque adhérent.
La MA-MIRAH soutient que cette règle découle du principe du caractère volontaire de l’adhésion à une mutuelle. Elle estime, par conséquent, qu’aucun prélèvement ne peut être effectué sur le salaire d’un agent sans son consentement.
La Direction exécutive rejette ainsi les craintes exprimées par le SYNHA-CI et dénonce ce qu’elle considère comme une campagne de désinformation autour du dossier. Elle affirme également se réserver la possibilité de saisir les autorités compétentes afin de faire établir les responsabilités en cas de diffusion d’informations qu’elle juge préjudiciables à son image.
Dans son communiqué, la mutuelle évoque par ailleurs la situation personnelle du secrétaire général du SYNHA-CI, présentée comme un adhérent individuel qui ne serait pas à jour de ses cotisations. Une affirmation qui intervient alors que le syndicat conteste la manière dont le dossier est traité publiquement.
Dans sa réponse, Adou Koffi reproche notamment à la MA-MIRAH de ne pas avoir apporté une réponse juridique et administrative à la sommation qui lui avait été signifiée. Le responsable syndical estime que les interrogations soulevées par cet acte auraient dû être examinées à travers les textes et les procédures plutôt que par voie de communication publique.
Lorsqu’un acte est contesté dans le respect des procédures légales, la réponse doit se situer sur le terrain du droit, des faits et des textes.
« Lorsqu’un acte est contesté dans le respect des procédures légales, la réponse doit se situer sur le terrain du droit, des faits et des textes », soutient le secrétaire général du SYNHA-CI.
Pour le syndicat, la question du précompte ne constitue qu’un volet d’un débat plus large sur la gouvernance de la mutuelle, la transparence de ses décisions et la défense des intérêts des agents du ministère. Le SYNHA-CI réaffirme notamment sa revendication relative à l’instauration d’une première d’incitation destinée aux travailleurs du MIRAH. Adou Koffi souhaite une première « conséquente, juste et équitable » pour l’ensemble des agents concernés.
Le syndicat assure vouloir poursuivre ses démarches dans le respect du dialogue social et des voies légales. Il demande aux responsables de la MA-MIRAH de clrifier les questions soulevées sur la régularité des actes, la transparence et le respect des procédures.
À défaut de réponses qu’il jugerait satisfaisantes, le SYNHA-CI dit se réserver la possibilité d’engager d’autres actions pour défendre les droits et intérêts des travailleurs.
Le désaccord entre les deux organisations dépasse ainsi désormais la seule question du précompte. Il met en lumière des divergences sur la gouvernance de la mutuelle, les mécanismes de décision et la représentation des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques.



