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Avant les municipales et régionales en Côte-d’Ivoire/ Tirs groupés contre la Cei et son président/ce qui se prepare

On a pu croire que la récente réunion entre la Commission électorale indépendante (Cei) et les partis politiques ferait baisser la tension et mettrait un bémol aux appels tous azimuts à une réforme de l’institution.

Il y avait probablement une erreur d’appréciation. Les appels à réformer la Commission et ceux discréditant son président, Youssouf Bakayoko, se sont multipliés ces derniers jours. Y a-t-il une coordination d’actions ? Pas nécessairement. Les deux branches du Front populaire ivoirien (Fpi) qu’on ne saurait objectivement suspecter de collusion- ont disqualifié, lors de cérémonies de présentation de vœux croisées, l’organe central et son président, dans l’organisation des futures élections. «  Il faut une nouvelle Cei pour les élections locales prochaines. Une Cei équilibrée, reposant sur trois pieds équilibrés : la coalition au pouvoir, l’opposition et la société civile. Et présidée par une personnalité nationale reconnue pour son intégrité, sa compétence et son expérience administrative et sociale, personnalité choisie de manière consensuelle», a dit Pascal Affi N’guessan, à la tête de la branche légale du Fpi. « Pour le Fpi, le maintien de Monsieur Youssouf Bakayoko pose un problème d’éthique », a affirmé, quant à lui, Abou Drahamane Sangaré, chef de file de la branche « gbagboïste ».

 

Ces partisans de l’ex-président, Laurent Gbagbo, en procès devant la Cour pénale internationale, considèrent M. Bakayoko comme une « figure » de la grave crise post-électorale de 2010. Une lecture, bien sûr, réfutée par leurs adversaires politiques.

Aux propos des partisans de Laurent Gbagbo, s’ajoutaient ce week-end, ceux de Bamba Moriféré, une icône de la gauche ivoirienne, président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire, en abrégé Rpci. «Il faut que nous imposions une nouvelle commission électorale et que nous créions les conditions en Côte d’Ivoire pour des élections justes et transparentes. Si ce n’est pas le cas, nous irons devant d’autres troubles. La Côte d’Ivoire ne va pas rester dans une crise permanente », a fait valoir cet ancien doyen de la faculté de Pharmacie.

D’autres responsables de partis avaient précédemment réclamé la réforme de la Commission. Ainsi de Danièle Boni-Claverie, présidente de l’Union républicaine pour la démocratie (Urd), et de Ouattara Gnonzié, du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage (Rpp).

Les organisations de la société civile ne sont pas en marge de ces appels pressants à une réforme de la Cei. Lundi 15 janvier 2018, une dizaine d’entre ces organisations, avaient donné de la voix, à Cocody, dans les locaux du Cerap. Elles ont formulé des propositions pour une réforme de la Commission électorale. Ces propositions tendent à atténuer voire annihiler l’influence des entités étatiques au sein de la Cei, et à donner plus de responsabilité à la société civile.

La pression sur la Cei et son président pourrait s’accroître. Pascal Affi N’guessan (Fpi) annonce une concertation, ce mardi 30 janvier, au siège du Rpp. Tout laisse croire que des partis politiques se coaliseront pour des revendications communes sur la question électorale.

Kisselminan COULIBALY

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