09202021Headline:

Côte d’Ivoire : dans une interview accordée à un média Jean-Louis Billon se livre

Jean-Louis Billon : « Dès 2025, il est possible que je sois candidat à la présidentielle, même si Bédié est président du PDCI ».
Dans une interview accordée au média français Brut, Jean-Louis Billon se livre, comme il ne le fait pas souvent. Il répond clairement à la question de sa candidature à la présidentielle de 2025, même si Henri Konan Bédié, qui aura 91 ans, restait à la tête de son parti, le PDCI.

Pourquoi êtes-vous allé accueillir Laurent Gbagbo à l’aéroport ?

C’est le PDCI qui est parti à la rencontre de Laurent Gbagbo, nous avons une délégation, et puis Laurent Gbagbo est l’ancien chef de l’Etat, je le connais personnellement. J’ai même été à l’époque à sa convention d’investiture, je suis allé le voir à la Haye lorsqu’il était en prison. Il était normal que je sois présent pour l’accueillir.

Selon Marwane Ben Yahmed (JA) vous auriez oublié les morts du Novotel

Marwane ne me connait pas. Il ne connait pas la Côte d’Ivoire comme je la connais. Nous nous avons un pays qui a eu une déchirure avec la crise ivoirienne. La crise ivoirienne, c’est plus de 3000 morts. Beaucoup plus que les 3000 morts. La crise post-électorale dont on parle. Elle a commencé en décembre 1999 avec le coup d’Etat, elle s’est poursuivie avec des mutineries, des attaques et des drames dans tout le pays.

Personnellement ma famille en a fait les frais avec la rébellion au nord et lors de la crise post-électorale. Si nous voulons construire une paix, nous devons faire la paix et cette paix, nous devons la construire. Nous sommes obligés. Ce processus les Rwandais l’ont fait, les Sud-Africains l’ont fait. En Côte d’Ivoire après cette crise, toutes ces années de crises, nous avons continué comme s’il ne s’était rien passé et ça ce n’est pas bon. A un moment donné, il va falloir que l’on fasse cet exercice et que l’on se pardonne et que l’on se réconcilie véritablement.

Le régime actuel, en un mot ?

Autoritaire. C’est dommage. Moins de liberté, moins de liberté d’expression, moins de liberté de mouvement, moins de démocratie et ce n’est pas la Côte d’Ivoire que nous voulions au sortir de la crise. Nous avons eu des prisonniers politiques. Alors, il y en a qui m’ont dit, non nous n’avons pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, ce sont des prisonniers de droit commun parce qu’ils ont fait ceci et cela. En attendant ce sont des hommes politiques qui étaient en prison. Pour moi ce sont des prisonniers politiques. On peut trouver toutes les raisons qu’on veut inventer. Et on n’a jamais eu autant de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire que durant cette période-là.

Si le régime actuel est autoritaire, pourquoi vouloir être député ?

Parce que dans le rôle du député, il y a le contrôle de l’action gouvernementale. Eh bien moi je compte véritablement jouer mon rôle d’opposant. Et pour ça la tribune, la tribune de l’assemblée nationale est une bonne tribune. A condition que l’on joue son rôle. Je pense même qu’un député de la majorité a un rôle à jouer. Si un projet de loi, une proposition de loi ne lui convient pas, il doit pouvoir le dire parce que c’est une tribune de libre expression également. Si jamais on ne le fait pas, on va toujours avoir un pouvoir exécutif qui se croit au-dessus des lois, et là je ne suis pas d’accord.

C’est vous Chris Yapi ?

Non, ce n’est pas moi, je pense que c’est une équipe. Il en a qui m’ont dit tu es Chris Yapi, tu es Kyria Doucouré, non ce n’est pas moi. Je ne sais pas qui ils sont. Qui est derrière mais bon… Mais ceci dit, ça participe à la liberté d’expression et c’est une bonne chose.

Vous être aujourd’hui PDCI mais vous avez été aussi RDR

Je n’ai jamais eu de carte RDR. Je n’ai eu qu’une seule carte de parti dans ma vie. C’est la carte du PDCI. Personne ne peut vous opposer autre chose.

Vous êtes riche ?

Riche oh… C’est l’étiquette que l’on me donne, oui. On pense que vous pouvez tout acheter. Alors qu’en réalité, l’argent n’achète pas tout. C’est une erreur de croire que l’argent peut tout acheter. Pour preuve, il y en a qui mettent énormément de moyens et qui perdent des élections quand même. C’est qu’à un moment donné, le peuple fait son choix et vous pouvez mettre tous les moyens que vous voulez, il fera son choix. Mais je dirais que dans le pays dans lequel nous somme, sur le plan patrimonial, oui je fais plutôt partie des personnes riches.

Est-ce qu’il y a des jeunes au PDCI ?

Oui, bien sûr qu’il y a des jeunes ! Les plus nombreux sont les jeunes. Nous sommes un pays jeune de toutes les façons. Donc quand vous savez que plus de 70% de la population a moins de 26 ans, forcément, au PDCI les jeunes prédominent. Vous regardez les têtes dirigeantes du PDCI, elles sont peut-être plus âgées, oui mais aujourd’hui les jeunes montent et la transition, le passage de flambeau est en train de se faire.

Vous voulez être président de la république ?

J’y pense de temps en temps en me rasant. Mais clairement je fais partie de la génération qui doit servir la Côte d’Ivoire demain, dès 2025 et il est possible que je sois candidat. Je voulais l’être dès 2020… Mais bon.

Possible tant que Bédié est président du PDCI ?

Pourquoi pas, ce n’est pas interdit. Le parti peut avoir un président et le parti présentera un candidat, un autre candidat. Ça ne s’est jamais fait mais bon… Parce que la situation ne s’est jamais présentée.

Afriksoir.net

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