En conférence de presse, Valérie Yapo, membre du bureau politique du PDCI-RDA, a réaffirmé sa détermination à mettre tout en œuvre pour contredire Tidjane Thiam, président du parti, en exil volontaire depuis bientôt un an, à la démission.
La crise interne au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) ne montre aucun signe d’apaisement. Au contraire, elle semble s’intensifier au fil des prises de parole publiques. Lundi, à Abidjan, Valérie Yapo a franchi un nouveau cap en affirmant sa volonté d’obtenir, au forceps, la démission du président du parti.
« S’il ne démissionne pas, nous allons l’y obliger », a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse dans la capitale économique ivoirienne. Continue pour ses positions critiques à l’égard de l’ancien patron du Crédit Suisse, Valérie Yapo conteste ouvertement la gestion actuelle du parti et remet en cause la légitimité d’un président absent du territoire national. Selon elle, aucune contrainte judiciaire ne justifie cette absence.
« Il n’y a aucune assignation en justice contre lui, il n’y a aucun mandat. Il est là-bas volontairement », a-t-elle soutenu, estimant que cette situation crée un vide politique préjudiciable au fonctionnement normal du parti.
Un appel au respect des statuts du PDCI
S’appuie sur les textes internes du PDCI-RDA, l’ancienne déléguée départementale d’Akoupé plaide pour l’application stricte des statuts. « Nos statuts disent qu’en cas d’indisponibilité ou de démission, c’est le doyen des vice-présidents qui prend la suite », a-t-elle rappelé.
Elle propose ainsi que le doyen d’âge des vice-présidents assure l’intérim , convoque un bureau politique, puis un congrès extraordinaire en vue de l’élection d’un nouveau président. « Ce congrès doit se tenir sans la candidature de Tidjane Thiam, parce qu’il n’a pas dix ans de présence au bureau politique. Je serai à l’affût », at-elle prévenue.
Valérie Yapo affirme par ailleurs que Tidjane Thiam ne remplissait pas les conditions statutaires pour se représenter, notamment en raison d’une ancienneté jugée insuffisante au sein du bureau politique. « Il faut revenir à la normale », insiste-t-elle, évoquant une situation qu’elle juge préoccupante pour l’avenir du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny.
Malaise autour du groupe parlementaire
Au-delà de la question du leadership, Valérie Yapo a mis en lumière des tensions internes plus profondes. Elle évoque notamment des difficultés autour du groupe parlementaire du PDCI-RDA à l’Assemblée nationale.
« Le PDCI-RDA compte 28 députés et certains ne veulent pas entrer dans le groupe parlementaire. Il y a un problème, et c’est grave », affirme-t-elle, faisant référence aux députés Sylvestre Emmou, Jean-Marc Yacé et Jacques Ehouo, trois hauts cadres du parti.
Ces cadres là, on se parle. Jean-Louis Billon n’a aucun problème pour me parler. Le maire Yacé n’a aucun problème pour me parler. Thierry Tanoh, Guikahué, Emmou Sylvestre et Ehouo n’ont aucun problème pour me parler et nous échangeons régulièrement
Selon certaines indiscrétions, ces élus contestaient le mode de désignation de Blessy Chrysostome à la tête du groupe parlementaire, estimant que cette décision aurait été imposée par la direction du parti sans « concertation plus large ». Pourtant, souligne Valérie Yapo, ces cadres frondeurs sont des figures influentes et des soutiens financiers du parti.
Avec ces derniers ainsi qu’avec plusieurs figures du parti, notamment Jean-Louis Billon, Maurice Kakou Guikahué et Thierry Tanoh, elle affirme entretenir de bons rapports. « Ces cadres là, on se parle. Jean-Louis Billon n’a aucun problème pour me parler. Le maire Yacé n’a aucun problème pour me parler. Thierry Tanoh, Guikahué, Emmou Sylvestre et Ehouo n’ont aucun problème pour me parler et nous échangeons régulièrement », a-t-elle déclaré.



