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Inculpation de Donald Trump : quelles répercussions dans la course à la Maison Blanche ?

L’ancien président américain, Donald Trump, visé par 37 chefs d’inculpation dans l’affaire des archives de la Maison Blanche, a fait d’emblée savoir qu’il ne jetterait pas l’éponge dans sa campagne de reconquête de la présidence. Ses concurrents directs dans la course à l’investiture du parti conservateur, loin de l’accabler, se sont contentés de crier à l’injustice à ses côtés. L’Amérique verra-t-elle un candidat briguer la Maison Blanche après une inculpation, voire une condamnation ?

Visé par 37 chefs d’accusation pour son rôle présumé dans la rétention de documents secrets, Donald Trump a plongé les États-Unis dans des eaux inconnues : voir un candidat briguer la Maison Blanche après une inculpation, voire une condamnation.

Dans l’affaire de la gestion par Donald Trump des archives de la Maison Blanche, l’acte d’inculpation contre lui, rendu public vendredi 9 juin, comporte 37 chefs d’accusation, dont ceux de “rétention illégale d’informations portant sur la sécurité nationale”, d'”entrave à la justice” et de “faux témoignage”. À New York, il avait été inculpé notamment de fraudes comptables.

Le milliardaire républicain a d’emblée écarté l’idée qu’il pourrait jeter l’éponge dans sa campagne de reconquête de la présidence, face aux inculpations dont il fait l’objet, préférant plutôt en attribuer la faute à des adversaires politiques “corrompus” désireux de fausser les élections.

Une telle tactique “ne va probablement pas faire pencher la balance pour les électeurs indécis, mais galvanisera les partisans de Trump qui pourraient vaciller ou penser à soutenir un candidat avec moins de casseroles”, analyse Matt Shoemaker, un expert en sécurité nationale et ancien agent du renseignement américain.

Tant dans l’affaire des archives de la Maison Blanche que celle, à New York, de l’achat du silence de l’actrice de films X “Stormy Daniels”, les procureurs espèrent que Donald Trump sera jugé avant que les électeurs américains ne se rendent aux urnes en novembre 2024.

Rien n’est moins sûr cependant. Et en cas de nouvelle victoire électorale, le tempétueux milliardaire pourrait tenter de se gracier lui-même, ce qui déclencherait une crise constitutionnelle sans précédent.

Il n’aurait toutefois que peu d’influence sur les poursuites non fédérales, et son souci plus immédiat demeure les conséquences de tous ces déboires judiciaires sur sa campagne pour les primaires républicaines.

Ses concurrents “ne vont rien faire”
Les concurrents directs de Donald Trump dans la course à l’investiture du parti conservateur, son ancien vice-président Mike Pence et le gouverneur de Floride Ron DeSantis, entre autres, auraient pu profiter de son inculpation, annoncée jeudi, pour le décrire comme inapte aux fonctions de commandant en chef.

Mais ils auraient ainsi risqué de se mettre à dos les fervents partisans de l’ex-président, qui rejettent les accusations à son encontre, et se sont donc contentés de crier à l’injustice à ses côtés.

Les adversaires de l’ex-président à la primaire “espèrent que Trump sera éliminé de la course (à l’investiture) par une série d’inculpations”, analyse le politologue Larry Sabato, de l’université de Virginie. “C’est leur stratégie… Ils ne vont rien faire”, poursuit Larry Sabato.

Car Donald Trump fait également l’objet d’une enquête fédérale pour son rôle dans l’assaut contre le Capitole, le 6 janvier 2021. Certains médias américains avancent également que l’ex-président pourrait être inculpé, notamment, d’extorsion en Géorgie pour ses tentatives présumées de renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020 dans cet État du sud du pays.

Point d’inflexion de sa campagne
Chez les républicains, ils étaient respectivement 28 % et 42 % à penser de même, des chiffres non négligeables qui laissent penser que la campagne de Donald Trump pourrait se trouver à un point d’inflexion pour la primaire.

Si le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, s’est pour l’instant contenté de commentaires mesurés vis-à-vis des déboires judiciaires de son principal adversaire, les équipes de campagne des deux candidats ont haussé le ton ces dernières semaines.

Actuellement deuxième dans les sondages, “DeSantis bénéficierait le plus d’un retrait de Donald Trump, mais il semble considérer qu’ils partagent beaucoup de mêmes électeurs, donc il ne veut pas se les mettre à dos”, analyse auprès de l’AFP Shana Gadarian, professeure de sciences politiques à l’université de Syracuse, dans l’État de New York.

Et l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie s’est lancé dans la bataille des primaires cette semaine en promettant de ne pas épargner Donald Trump.

Il faudra peut-être que quelqu’un comme Christie mette les pieds dans le plat”, dit-elle, précisant que l’ancien gouverneur aurait sans doute intérêt à tenter d’attirer les anciens républicains qui s’étaient détournés du parti en raison de la présidence de Donald Trump.

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