Des choses bizarres auxquelles des gens avaient du mal à apporter des explications rationnelles, se sont produites à Blouzon, village de la sous-préfecture de Bayota, où les obsèques de la mère de Laurent Gbagbo, Lélé Gado Marguerite, ont eu lieu, le samedi 7 février 2015.
La veillée funèbre, qui s’est déroulée sur un vaste espace « terrassé » pour l’occasion, a été, notamment, marquée par des faits pour le moins étranges. A commencer par les «caprices», pour le moins extravagants du ciel, cette nuit-là. Peu après l’arrivée du corbillard, dans le village de Blouzon, en début de soirée, c’est un véritable ouragan qui s’est levé sur le village. L’électricité est coupée partout, y compris à Bayota. Le village de Blouzon est plongé dans la pénombre, ce d’autant que les organisateurs n’ont pas pensé à des mesures de rechange, comme un groupe électrogène. Tonnerres, éclairs et vents balaient la petite localité avant de faire place à une pluie diluvienne. Le village se transforme en un véritable «champ de patate» et plusieurs véhicules se rendant au lieu de la cérémonie, se retrouvent coincés dans la boue. Des trombes d’eau coulent partout, inondant les rues du village et obligeant les populations à se mettre à l’abri… La pluie reste forte jusqu’à 22 h 30 avant de baisser en intensité aux alentours de minuit. Après la pluie, le constat est désolant. Les dégâts sont considérables. Le vent, sifflant à une vitesse si rude, a renversé les bâches, les chaises et toute la logistique. Du coup, la sono est hors d’usage. Les techniciens n’y peuvent rien quand ils tentent de la remettre en marche. A minuit, une solution est trouvée. Une autre sono, à très faible « débit », est installée.
La cérémonie peut donc commencer. C’est là qu’une autre pluie se déchaîne, mais pas pour longtemps. « C’est de la bénédiction », lance une dame. « On a dit de ne pas l’enterrer ici à Blouzon, des personnes pour, on ne sait qu’elle raison, se sont entêtées. Voilà aujourd’hui, elle nous démontre qu’elle ne voulait pas venir ici », s’emporte, pour sa part, une autre dame d’un âge respectable, qui dit être Logbata. Cet état de fait a amené les organisateurs à bouleverser le programme initial. La veillée de prière, célébrée par l’église catholique de Bayota, initialement prévue pour démarrer à 21 h, a commencé après minuit. Les oraisons funèbres qui devraient être dites, les témoignages des proches, des parents et des compagnons de lutte de Laurent Gbagbo, ont été purement et simplement annulés. Pendant la célébration de la messe, les grosses ampoules blanches pour lampadaires , installées sous les bâches qui abritent la famille, les officiels, les invités de marque, les chefs traditionnels et les cadres du Front populaire ivoirien (Fpi), commencent à exploser les unes après les autres, au grand étonnement de tous.
Ouragan en plein soleil…
C’est le noir total sous ces bâches. Mlle T.C.H, une choriste de l’église, alors qu’elle chante, prend en plein visage, les éclats de verres d’une ampoule qui a explosé. Elle est légèrement brûlée. Ces faits se sont produits au cours de la veillée funèbre du vendredi 6 février 2015. Le lendemain, c’est un temps clément qui fait place à cette nuit de pluie. Tout se passe relativement bien et les donateurs se succèdent au micro. La messe de requiem, qui devrait être suivie de l’inhumation dans l’intimité familiale de la mère de Laurent Gbagbo, arrive à son terme. Abou Drahamane Sangaré, Président du comité d’organisation (Pco) des obsèques, adresse ses vifs remerciements « à tous ceux qui ont contribué à la réussite des obsèques de Maman Gado Marguerite, notre mère à tous ».
L’heure fatidique de la séparation définitive avec Gado Marguerite arrive. Il est 12 h 32. Michel Gbagbo et Jeannette Koudou esquissent des pas de danse, au son d’un air traditionnel du terroir… Ordre est donné au corbillard de se positionner pour l’embarquement de la dépouille. Soudain, un éclair déchire le ciel, suivi d’un grondement de tonnerre. Du coup, le soleil éclatant fait place à un ciel qui s’est assombri par d’épais nuages accompagnés d’un vent impétueux, qui décoiffe encore quelques bâches. Le support métallique de la sono s’incline. C’est la débandade… Une autre forte pluie qui déchire le ciel s’abat violemment sur le village. Le cortège funèbre transportant la dépouille de Gado Margueritte quitte la place funéraire sous la pluie, pour son caveau construit au cœur de sa cossue résidence de 12 pièces, sous le regard interrogateur et médusé des centaines de personnes venues de toute la Côte d’Ivoire pour lui témoigner leur affection et traduire leur compassion à sa famille.
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