Essy Amara, Banny et KKB croient fortement en leurs chances de succéder à Alassane Ouattara. (Photo d’archives)
Un dossier de candidature déposé sur la table de Bédié ; un local impressionnant tenant lieu de Qg ; le soutien « d’éminentes personnalités » du Pdci (selon le mot de son porte-parole, Kramo Kouassi).
Des signaux s’accumulent, qui achèvent de convaincre ceux qui pourraient encore en douter, qu’Essy Amara entend bien être candidat à la prochaine élection présidentielle. De toute évidence, ce diplomate chevronné compte aller jusqu’au bout de son projet, quand bien même il aurait rencontré le président de son parti, le lundi 16 février 2015, à Daoukro. Et à juste titre, pourrait-on dire.
C’est que le projet de l’ex-président de la Commission de l’Union africaine (Ua) bénéficierait d’un soutien appuyé à l’extérieur, du moins si l’on en croit ses partisans. Des sources bien introduites dans son état-major font état de ce que l’intention de candidature d’Essy Amara serait bien accueillie dans le milieu diplomatique où celui-ci s’est tissé un entregent de qualité. Le diplomate aurait la faveur de bien des chancelleries qui verraient en lui l’homme à même de récoller les morceaux du tissu social déchiré en Côte d’Ivoire. Il jouirait également d’une opinion favorable dans le cercle des décideurs français. Les partisans de l’ex-ministre des Affaires étrangères rapportent qu’il aurait les faveurs des pronostics à l’Elysée où il serait perçu comme la meilleure alternative à Alassane Ouattara. Il aurait été reçu par des personnalités du régime socialiste, qui l’auraient assuré de leur bénédiction dans le cadre de son projet d’être candidat à l’élection présidentielle. Toutes choses qui, ajoutées à ses appuis internes au Pdci, font dire à l’entourage d’Essy Amara que la page Ouattara est déjà tournée.
En effet, fort de ces soutiens extérieurs dont ils assurent bénéficier, des partisans du diplomate croient dur comme fer qu’il est un challenger sérieux pour le président sortant. Et d’ajouter que c’est d’ailleurs pour l’avoir compris, que Henri Konan Bédié a entrepris de négocier avec lui et les autres candidats dissidents, en créant un comité de médiation piloté par l’ex-ministre Lambert Konan Kouassi. Selon le porte-parole du Pdci, Kobena Adjoumani, ce comité de médiation devra s’employer à amener ces trois têtes fortes du Pdci à renoncer à leurs intentions de défendre les couleurs de leur parti au scrutin présidentiel. Et ce ne sera pas une sinécure. D’autant que, tout comme Essy Amara, Charles Konan Banny et Bertin Kouadio Konan dit KKB croient fortement en leurs chances d’être adoubés par la majorité des militants Pdci, et partant de succéder à Alassane Ouattara.
De sources proches de l’ex-président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), celui-ci est d’autant plus hostile à l’appel de Daoukro qu’un sondage interne au Pdci, commandité par Bédié lui-même, le donnait en pole position pour représenter son parti à la présidentielle de 2015. Banny est arrivé en tête de toutes les personnalités qui étaient pressenties pour défendre les couleurs du parti, confie-t-on dans son entourage. C’est donc fort de ce sondage favorable que l’ex-Premier ministre attendait son heure, le temps d’en finir avec sa mission à la tête de la Cdvr (Commission dialogue, vérité, réconciliation).
Aussi a-t-il été tout furieux d’être court-circuité par l’appel de Daoukro. Comme Banny, KKB aussi croit en ses chances. Il y croit d’autant plus que, selon lui, les réalités du terrain jurent avec ce qu’en disent les partisans de l’appel de Daoukro. En effet, au dire du député de Port-Bouët, la base du Pdci rejette massivement l’appel à soutenir Ouattara, qui a été lancé par Bédié le 17 septembre 2014. Il ne rate aucune occasion de soutenir mordicus, que les militants, sur le terrain, ne veulent point entendre parler de cet appel de Daoukro. C’est convaincu de cela que KKB croit que l’appel de Bédié n’a aucune chance d’aboutir, autrement dit, la majorité des militants du Pdci ne suivra pas l’appel de Bédié à voter pour Alassane Ouattara.
L’inter



