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Procès des pro-Gbagbo: Devant le juge, l’ex-député Sokouri Bohui ”pleure” pour son lit retrouvé chez un commandant FRCI

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S’il y a des choses qui font très mal à Sokouri Bohui, ex-député de Koumassi, dans ce qu’il a subi comme torts pendant la crise post-électorale, c’est la profanation de la tombe de son défunt père et le fait qu’il ait retrouvé ses biens pillés au domicile de certains dignitaires du pouvoir Ouattara.

Le cadre du Front Populaire Ivoirien (FPI) l’a fait savoir lors de sa comparution devant la Cour d’assises, mercredi 18 février 2015, à Abidjan Plateau. Il lui est reproché des faits d’atteinte à la défense nationale, insurrection, rébellion, troubles à l’ordre public, xénophobie, etc, au même titre que l’ensemble des pontes pro-Gbagbo qui sont appelés à la barre.

Ces accusations, Sokouri Bohui a dit ne pas s’y reconnaître. « Dans ma vie de tous les jours, je suis un réconciliateur. Tout ce qu’on me reproche ne me ressemble pas du tout », a dit l’ex-député. Surtout qu’il était grabataire pendant la période de la crise post-électorale, selon lui. L’accusé s’est plaint de ce qu’il a été arrêté et détenu durant deux ans et demi, alors qu’il jouissait d’une immunité parlementaire. « Je proteste contre cela », a-t-il vigoureusement fait savoir à la Cour.

Mais cela n’est rien à comparer au choc psychologique qu’il vit devant la destruction de la tombe de son père. « Quand les combattants sont rentrés à Gagnoa, ils ont pris une grenade qu’ils ont mis dans le caveau de mon père pour l’exploser. Mon père est décédé depuis 2005, qu’est ce qu’il a voir avec la crise de 2010 ?. Je proteste contre la profanation des tombes. En Afrique, on respecte les morts », s’est indigné Sokouri Bohui.

Passé ce moment d’émotions, l’homme a donné un récit sur le pillage de sa maison qui a fait rire plus d’un. « Chez moi, ils ont tout ramassé. Le signe de leur passage, c’est après avoir pillé, ils balaient la maison pour qu’on ne trouve pas même une aiguille… Les combattants ont pris tous mes biens. Toutes mes voitures ont été emportées. Un jour, je suis allé chez un ministre du pouvoir actuel et j’ai vu une de mes voitures. Je l’ai reconnue grâce à la plaque d’immatriculation. Je n’ai rien dit. Je suis allé voir les autorités, mais jusqu’à ce jour, je n’ai pas eu ma voiture. Je marche. Je me déplace à pied », a raconté l’ex-député.

Le comble, c’est le vol de son lit. Dans une narration quelque peu humoristique, le cadre pro-Gbagbo explique : « Monsieur le président, ils ont pris même mon lit. Ce lit, c’est moi-même qui l’ai fait. Ce qui me fait mal, c’est que je n’ai pas une photo de ce lit, sinon je l’aurais reproduit ! Mais, un jour mon fils vient me dire qu’il a vu mon lit. Où ça ? je lui demande, et il répond sur internet. Sur internet ! On va sur internet et je vois mon lit sur des prises de vue faites dans la maison d’un chef de guerre qui a été arrêté récemment. J’ai vu mon lit avec mon matelas sur le lit ».

Face à son récit, personne n’a pu s’empêcher de rire. Des juges aux avocats, en passant par ses co-accusés que sont Michel Gbagbo, Abou Drahamane Sangaré, Lourougnon Maurice et Phillipe Henri Dacouri Tabley, ainsi que les policiers et le reste personnes présente dans la salle d’audience, tous s’étouffaient de rires. Car il est interdit des bavardages, murmures et rires aux éclats au cours du procès.

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