Côte d’Ivoire: Le bilan d’un député français de retour d’Abidjan fait mention de 200 prisonniers politiques et d’interrogations sur le sort de Laurent Gbagbo
La situation socio-politique ivoirienne actuelle interpelle un député français.
Michel Larive issu des rangs de la France Insoumise (gauche française, ndlr), de retour d’un séjour en Côte d’Ivoire, à fait part de son bilan à sa formation politique qui souhaite s’enquérir de la position des autorités françaises quant à la situation politique et sociale ivoirienne.
LaFrance insoumisea de fait interpelé ce mardi via une question au gouvernement au parlement, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le breton Jean-Yves Le Drian.
Faisant mention que le pays compte 200 prisonniers politiques, le parti s’interroge également sur la cohérence de l’incarcération de Laurent Gbagbo au regard de la faiblesse des charges reconnues contre lui à la CPI et sur le fait que son fils Michel soit interdit de quitter le territoire ivoirien.
Ci-dessous la question de la France insoumise au gouvernement français sur la situation socio-politique en Côte d’Ivoire prise sur le site de l’Assemblée nationale française ( http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-6910QE.htm )
« M.Michel Larive attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation politique ivoirienne. La situation en Côte d’Ivoire, d’où il revient, est marquée depuis 2011 par une fracture de la société entre les vainqueurs et les vaincus, avec toutes les atteintes au respect des droits de l’Homme qu’elle a engendré. Selon les témoignages qu’il a recueillis, les opposants à M. Ouattara et leurs familles sont persécutés. Six ans après le changement de régime, près de 200 prisonniers politiques sont détenus dans des conditions avilissantes. Ils sont incarcérés dans une promiscuité insupportable. Plus de la moitié d’entre eux sont détenus, sans jugement. Selon ces témoignages, tortures et mauvais traitements sont monnaie courante dans les geôles de la DST. En découlent des conséquences dramatiques : aux maladies s’ajoutent les morts, 7 en prison et 5 juste après des « libérations » précipitées. Ces faits lui ont été rapportés par les femmes et les enfants de prisonniers. C’est ainsi que la famille de l’ancien Président Laurent Gbagbo est régulièrement persécutée. Son épouse, très affaiblie, a été condamnée à une lourde peine de prison par une justice aux ordres. Son fils, Michel Gbagbo, a subi une pénible peine de prison à cause de son seul patronyme. Il est né à Lyon, il est donc ressortissant français. Mais il ne peut pas revenir en France, pour répondre à la convocation de juges français, parce que le gouvernement ivoirien lui interdit de quitter la Côte d’Ivoire.Laurent Gbagbo en est à sa septième année de détention. 82 témoins présentés par l’accusation n’ont pas suffi à certifier les charges qui pesaient contre lui. Les magistrats de la Cour pénale internationale ont enjoint au procureur d’abandonner ou de requalifier les charges contre l’ancien président ivoirien. La France est un partenaire privilégié de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il voudrait connaître la position du Gouvernement sur la situation politique et sociale ivoirienne, et sur la cohérence de l’incarcération de M. Gbagbo, au regard de la faiblesse des charges reconnues contre lui. »
Michel Larive est député de l’Ariège (2è circonscription) et également membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation au parlement français.
Enfin, pour rappel, Laurent Despas, le directeur de KOACI a été récemment condamné à 10 millions de FCFA d’amende pour le fait que son média eu à diffuser en 2016 des propos de Michel Gbagbo contredisant le chef de l’Etat Alassane Ouattara au sujet de l’existence de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.
Sujet sensible, pour avoir, contredit le numéro un du pays, le fils de l’ancien président avait quant à lui écopé d’une peine de 6 mois de prison ferme sans mandat de dépôt.
Donatien Kautcha, Abidjan



