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Un des appels les plus poignants et les plus incisifs du président Bédié aux militants du PDCI-RDA

Un des appels les plus poignants et les plus incisifs du président Henri Konan Bédié aux militants du PDCI-RDA en rapport avec la désertion de certains cadres, a été, sans nul doute, celui lancé, le vendredi 31 mai 2019 à Daoukro. Devant les populations de Didiévi venues lui apporter leur soutien après le départ de Jeannot Ahoussou-Kouadio, président du Sénat, pour le RHDP unifié. Un discours qui alliait à la fois cri du cœur et détermination face aux manœuvres de déstabilisation orchestrées par des cadres du parti contre leur propre famille politique.

« (…) Agissons et l’histoire nous jugera. Tournons la page Ahoussou Kouadio Jeannot, comme il nous le promet lui-même, le 2 juin 2019 à Didiévi. Place, désormais, à de nouveaux, courageux, intègres, intrépides, vaillants et déterminés militants du PDCI-RDA. Ce sont ceux-là qui détiennent la clé de notre avenir. Mobilisez-vous et considérez que vous détenez, entre vos mains de vaillants soldats du PDCI-RDA, la flamme de notre grand parti dans la région du Bélier en général et dans le département de Didiévi en particulier. Maintenez cette flamme allumée de jour comme de nuit. Parcourez tous les villages et hameaux, sans hésiter et sans rechigner, pour dire à nos braves populations que le PDCI-RDA s’engage, dès octobre 2020, à promouvoir avec les moyens de l’Etat, le développement de nos régions respectives (…) », disait le président du Pdci-Rda à ses hôtes de Didiévi venus lui rendre visite.

Ce message délivré face aux populations de Didiévi, ville d’origine du président du Sénat, est tout aussi valable pour toutes les autres régions et localités dont des fils et filles ont déserté le PDCI pour le RHDP unifié. Aux militants PDCI-RDA de ces localités, le président du parti est ferme : « Tournons la page des déserteurs » représentés, dans le cas de Didiévi, par Jeannot Ahoussou Kouadio. Cet appel sonne comme la fin de la récréation qui tendait à faire croire que ceux qui partaient, pouvaient être encore considérés comme des militants du Pdci-Rda.

CEUX QUI SONT PARTIS, SONT BEL ET BIEN PARTIS
Non ! Il ne faut plus perdre son temps à jouer à ce jeu. Plus d’illusions à se faire. Ceux, qui sont partis, sont bel et bien partis. Il faut les oublier et continuer à faire confiance aux militants qui, chaque jour davantage, font preuve de fidélité et de loyauté envers le Pdci-Rda et ses responsables. Ils peuvent ne pas avoir des moyens colossaux comme ceux qui sont aux affaires. Mais leur détermination et le peu dont ils peuvent disposer pour le bien et la marche de leur parti doit être salué et encouragé.

Souvenons-nous, avec les chrétiens, de la parabole de cette veuve qui, dans la Bible, a donné à Dieu les deux pièces qui lui restaient pour nourrir sa famille. Et ce, sans se soucier de ce que sera demain. Les Saintes Ecritures disent que cette dame a donné plus que celui qui a de grosses fortunes dont il a juste donné une partie à Dieu ; même si cette partie pouvait être 10 pièces, 100 pièces, 1000 pièces, 100.000 pièces ou même 1.000.000 de pièces. La veuve a donné tout ce qu’elle avait tandis que le riche homme n’a donné qu’une partie de sa fortune. Entre celui qui donne tout ce qu’il possède, qui se dépouille, et celui qui ne donne qu’une partie de ce qu’il possède, qui aura consenti le plus gros sacrifice ?

C’est cela le militantisme qui est donc un acte de foi, de conviction, de don de soi. L’écrivain ghanéen Ayi Kwei Armah, dans son livre « Why Are We So Blest ? », dépeint l’archétype du bon militant qu’il compare au carburant. Dans la lutte militante, qui est comme une marche du bas vers le haut, du Tartare vers le sommet du Mont Olympe dans la mythologie grecque, le militant est le carburant grâce auquel la locomotive fait ce nécessaire mouvement du bas vers le haut. Le bas représente toutes les tares, tous les maux ; tandis que le sommet représente toutes les valeurs. Il va sans dire qu’un tel mouvement, qui consiste à se débarrasser des tares pour ne pratiquer que les valeurs, n’est pas aisé quand on sait combien nos sociétés sont remplies de tares.

QUI A TRAHI, TRAHIRA
C’est pourquoi, selon Ayi Kwei Armah, dans ce mouvement de transformation de la société, le bon et vrai militant se consume comme le carburant. La plupart du temps, le vrai militant, qui se consume, qui se meurt pour le succès de la lutte, ne profite pas des fruits de son militantisme. Les vrais militants, ce sont ces innocents qui tombent sous les balles assassines des régimes despotiques ; ce sont ces personnes injustement jetées dans les affres de la geôle ; ce sont ces citoyens traqués par des pouvoirs tortionnaires pour leurs opinions.

C’est dire que le vrai militantisme ne s’accommode ni de la fourberie ni de petits calculs d’intérêts personnels comme le font des cadres de l’opposition ivoirienne. Et singulièrement ceux du DCI-RDA. Qui, pour préserver leurs postes et autres avantages matériels, se croient obligés de faire allégeance à un régime dont l’impopularité le dispute à la volonté manifeste de s’imposer vaille que vaille au peuple ivoirien par des manœuvres anti-démocratiques que ne cessent de dénoncer l’opposition : refus d’une Cei équilibrée et impartiale ; tentative de bâillonnement des opposants par des arrestations massives ; etc.

C’est la raison pour laquelle, révoltés et ahuris par de tels agissements, certains militants du pari du père fondateur estiment que ceux qui sont allés à la soupe, au restaurant de quelque bord que ce soit, devront y rester avec leurs biftecks. Point question de les accueillir de nouveau après cet acte de haute trahison. Un parti politique, c’est de la discipline, de la fidélité et de la conviction. En désertant leur parti pour se ranger du côté de ceux qui veulent sa liquidation au profit du Rhdp unifié qui n’est autre que l‘autre nom du Rdr, ceux des cadres du Pdci qui sont partis se sont décrédibilisés pour de bon.

Autant ils sont regardés d’un mauvais œil dans leur nouvelle famille politique, étant donné que « qui a trahi, trahira », autant le PDCI-RDA voit dorénavant ces militants déserteurs comme de véritables serpents vénéneux à ne point garder dans sa poche. Et comme le dit si bien le président Bédié : « A mon humble avis, dans le cadre des affaires politique et publique, je préfère laisser le soin à l’histoire de juger chacun des actes posés par nos contemporains ». Y a-t-il meilleure condamnation que celle de l’histoire ? Elle rattrape toujours même des années et des années après.

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