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Un scrutin à un seul tour: les manœuvres de Ouattara

J’ai dit que je comptais faire quelques ajustements techniques dans la Constitution. On me dit non, il ne faut pas toucher à la Constitution. Qu’est-ce que ça veut dire ? Mais la Constitution elle-même contient en son sein les éléments et les dispositions pour modifier la Constitution. (…) il y aura des ajustements techniques et dès le mois de mars, j’irai devant l’Assemblée nationale pour faire ces propositions. Révision de la Constitution : Ouattara

Et ce ne sera pas pour éliminer qui que ce soit », a fait savoir Alassane Ouattara face à ses partisans, le dimanche 02 février dernier, au palais des sports de Treichville. Toute chose qui traduit la ferme volonté du président de la République, malgré les interpellations, de procéder à une modification de la Constitution avant la présidentielle prévue, le 31 octobre prochain. Qu’est-ce que cela cache ?

Pourquoi Alassane Ouattara tient-il forcément à retoucher la Constitution ? Qu’est-ce qui, dans cette Constitution votée en 2016, peut justifier qu’elle soit modifiée ? Pour des partis de l’opposition, il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’un plan caché du Rhdp. A croire le président Ouattara, les articles concernés par cette modification seront connus, d’ici le mois de mars prochain. Avant cela, l’hebdomadaire Jeune Afrique, numéro 3083 du 09 au 15 février 2020, fait des révélations à ce sujet.

RÉVISION DE LA CONSTITUTION PAR OUATTARA
Si le président Alassane Ouattara parvient à mettre à exécution son projet de réforme de la Constitution, les modifications pourraient concerner le cas de la succession du président de la République et le mode du scrutin pour la présidentielle à venir. En effet, selon l’hebdomaire panafricain, le chef de l’Etat entend revoir les attributions du vice-président. C’est-à-dire décider que cette deuxième personnalité du pays, contrairement aux dispositions actuelles de la Constitution, ne devra plus être le dauphin constitutionnel au profit du premier ministre.

Dès lors, c’est le premier ministre qui devrait succéder au président de la République en cas d’indisponibilité. Mieux, Alassane Ouattara envisage de proposer, selon les informations, que le vice-président ne soit pas élu mais nommé par le président de la République. Tout ceci pourrait répondre à un calcul politique. Celui de rassurer Amadou Gon au cas où Alassane Ouattara décidait lui-même de se porter candidat.

Aussi, ne sera-t-il plus question de présenter à l’élection présidentielle un ticket puisque ce n’est qu’après son élection que le nouveau président désignera le vice-président. Seconde chose, Alassane Ouattara tient à un scrutin à un tour. « Le Rhdp doit gagner au premier tour », avait lancé Alassane Ouattara au palais des sports à Treichville.

UN SCRUTIN À UN SEUL TOUR : LES MANŒUVRES DE OUATTARA
Ce souhait du président du RHDP n’est pas fortuit. Alassane Ouattara, qui craint de faire face à une opposition qui, au second tour, pourrait coaliser pour affronter le candidat du parti au pouvoir, réfléchirait à l’éventualité d’organiser un scrutin à un seul tour. La question serait en train d’être étudiée par les experts commis par le chef de l’Etat pour faire le job. En effet, le confrère Jeune Afrique révèle que, pour ce travail, le président de la République a, à nouveau, sollicité les services des experts qui avaient travaillé sur la modification de la Constitution qui a été votée en 2016.

Pour l’heure, la question de la reconduction n’est pas à l’ordre du jour. Toutefois, selon des informations, les députés du parti au pouvoir envisagent de proposer la limite d’âge au moment du vote du projet d’Alassane Ouattara. Ce qui, bien évidemment, va à l’encontre de la promesse faite par le président du RHDP de faire en sorte que tout le monde puisse être candidat à l’élection présidentielle de 2020 « même les centenaires ».

Le chef de l’Etat, qui a promis de présenter son projet au parlement ivoirien, aura besoin, pour faire appliquer sa réforme, de réunir la majorité des 2/3 des voix à l’Assemblée nationale. Dans le cas contraire, il serait bien obligé de faire organiser un référendum. Des voix se sont déjà élevées au sein de l’opposition pour interpeller et dissuader le président de la République sur son projet « inopportun » de modification de la Constitution à 8 mois des élections présidentielles.

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