
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme en Afrique, l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), à travers son Institut de recherche stratégique (IRS), a animé une conférence de sensibilisation à l’endroit des étudiants de l’Université de Bondoukou, le lundi 16 février 2026, dans la salle de conférence de 600 places de l’institution.
Placée sous le thème : « La responsabilité des étudiants face à la propagande jihadiste en Afrique de l’Ouest », cette rencontre visait à sensibiliser la communauté universitaire aux dangers de l’extrémisme violent et à favoriser l’émergence de mécanismes durables de prévention et de résistance citoyenne face aux stratégies de manipulation idéologique.
À l’ouverture des travaux, le représentant du préfet de région, Loan Constant, a souligné la pertinence du thème dans le contexte sécuritaire actuel de la sous-région. S’adressant aux étudiants, il a déclaré : « Votre niveau d’instruction, votre maîtrise des outils numériques et votre ouverture sur le monde font de vous, hélas, des cibles privilégiées. Votre responsabilité est donc immense. Il vous revient de refuser la manipulation, de rejeter les discours de haine et de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance, de dialogue et de vivre-ensemble. »
Il a rappelé que, selon des données d’organisations internationales spécialisées en sécurité, plus de 6 000 attaques terroristes ont été enregistrées en Afrique de l’Ouest au cours des cinq dernières années, causant des milliers de victimes et plongeant de nombreuses familles dans la détresse. Il a salué l’initiative conjointe de l’AILCT, de son Institut de recherche stratégique et de l’Université de Bondoukou, qu’il a qualifiée de « hautement salutaire ».
Le directeur général de l’AILCT, le Général Allah Kouamé Joseph, a indiqué que cette conférence s’inscrit dans un vaste programme dénommé « Café stratégique universitaire », conçu pour sensibiliser le monde académique aux enjeux liés à l’extrémisme violent. Il a appelé au renforcement du partenariat entre l’Académie et l’Université de Bondoukou afin d’ancrer durablement cette dynamique de prévention.
Prenant la parole au nom de la communauté universitaire, le président de l’université a exprimé sa gratitude à l’AILCT pour le choix porté sur son institution pour accueillir une activité d’une telle envergure, tout en félicitant le comité d’organisation, notamment le vice-président Sib Sié Justin. Représentant Expertise France, Kra Modeste s’est également réjoui de la tenue de cette conférence, qui contribue à renforcer la vigilance des étudiants face aux menaces sécuritaires.
Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par l’évolution des modes opératoires des groupes extrémistes. Après leur implantation dans la zone sahélienne, certains groupes développent désormais des stratégies d’influence plus subtiles, combinant violence, communication numérique et discours idéologiques destinés à recruter de nouveaux adeptes, notamment parmi les jeunes.
Trois experts ont animé les communications : Madjiguène Dia, conseillère politique principale et cheffe d’équipe Sahel au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), sur les mutations du terrorisme ouest-africain et la fragilisation des États ; Abdel Nasser Ethmane Elyessa, spécialiste des mouvements extrémistes, sur la communication stratégique des groupes terroristes ; et le commissaire Djezou Hyacinthe, sur les réponses de l’État de Côte d’Ivoire face à la menace.
Légende : Le président de l’Université de Bondoukou, Prof. Djakalia Ouattara, et le Général Allah Kouamé Joseph, directeur général de l’AILCT, lors de la conférence.



