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Yéboué Lazare (membre du comité des sages du Pdci-Rda) livre des secrets sur le candidat Essy Amara

yobouet lazare pdci

Yéboué Lazare est membre du comité des sages du Pdci-Rda dont les membres sont debout contre « l’Appel de Daoukro ».

Cet ancien président du Conseil d’administration ( Pca) de la Société ivoirienne de raffinerie ( Sir), sous le régime Gbagbo, a rejoint l’équipe d’Essy Amara dont il est un des stratèges pour la victoire de l’ancien ministre des Affaires étrangères à la présidentielle de 2015. Dans cette interview exclusive, il livre bien de secrets sur son candidat…

 

Quelle analyse faites-vous de cette confusion au niveau du Pdci, liée, notamment, à « l’Appel de Daoukro » et aux multiples candidatures qui se signalent ?

Yéboué Lazare : Nous avons, il y a trois semaines, au niveau du comité des sages, rendu publique notre position, à travers un courrier adressé au président Bédié pour donner notre point de vue sur ce qui se passe dans le pays. Nous attendons toujours la réponse.

 

Qu’avez-vous constaté de bien ou de mal qui se passe dans le pays ?

Y.L : A la suite de son appel qu’il a lancé à Daoukro, en tant qu’ancien président, cet appel qui consiste à demander au Pdci de renoncer à sa possibilité d’avoir un candidat en 2015 pour que le Pdci soutienne la candidature du président Alassane Ouattara, nous avons une lecture différente de la situation. C’est-à-dire, un parti qui ne participe pas à l’élection majeure la plus importante dans un pays, qui est l’élection présidentielle, est un parti qui est appelé à disparaître. Il a dit que son appel est sous-tendu par deux raisons. La première, c’est que le Rhdp gagne. La deuxième, c’est la création d’un parti unifié appelé le « Le Pdci-Rdr ». Il est donc conscient que, le Pdci, ne participant pas à l’élection présidentielle, doit disparaître, pour s’unifier avec le Rdr.

 

Et cette conjoncture vous révolte-telle ? Etes-vous foncièrement contre ?

Y.L : Nous ne sommes pas d’accord. C’est la position de l’ensemble des membres du comité des sages. Et nous lui avons suggéré (…) de retirer son appel. Nous lui demandons, encore aujourd’hui, de retirer son appel de Daoukro. Parce qu’on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un contre son gré. Nous lui demandons de retirer son appel sagement.

 

Mais il a convoqué un pré-congrès les 21 et 28 février 2015, au cours duquel le peuple militant du Pdci va donner sa position…

Y.L. Ce n’est pas tout le peuple du Pdci qui est convoqué à se prononcer…

 

Mais, ce sont les membres des comités de base, les sections et les membres des Instances du parti…

Y.L : Oui, c’est exact ! Mais ce n’est pas tout le peuple militant du Pdci qui est convoqué. Ce sont les membres des instances qui vont voter. Parce que le militant lambda qui est à Diabo ne viendra pas voter. C’est le secrétaire de section qui le fera à sa place.

 

Comment voyez-vous l’issue de ce pré-congrès ?

Y.L : Pour vous parler franchement, nous avons des inquiétudes par rapport au discours que tiennent sur le terrain, les envoyés de Bédié, avec Maurice Kacou Guikahué en tête. Lorsqu’ils constatent, après avoir ouvert les débats, que les interventions des militants ne cadrent pas avec leurs vues, je veux dire leurs attentes, ils mettent fin au débat. Et ils brandissent une résolution qu’ils font lire par une personne. Partout où ils sont passés, c’est ainsi qu’ils ont opéré.

 

Que dit la résolution en question ?

Y.L : La résolution dit : « Nous tous qui sommes présents ici, nous sommes d’accord sur l’appel de Daoukro ». C’est un état de fait qui pose un grand problème. Si ça se poursuit ainsi et que le pré-congrès et le congrès extraordinaire se passent de la même manière, il y aura des problèmes. Cela veut dire que ce sera le même scenario qui s’est déroulé au 12 ème congrès ordinaire. Inévitablement, il y aura des problèmes.

 

Des problèmes de quelle nature ?

Y.L : Ce seront des problèmes d’entente et de cohésion… Pour le moment, c’est tout ce que je peux vous dire. Si c’est de cette façon que le congrès extraordinaire va se faire, je dis que ce n’est pas la peine de gaspiller de l’argent pour tenir ce congrès extraordinaire.

 

Quelle est à l’intérieur du pays, la tendance, concernant la position des militants par rapport à l’Appel de Daoukro ?

Y.L : D’une façon générale, les militants, dans leur écrasante majorité, sont contre l’Appel de Daoukro. Ils ne veulent pas en entendre parler. C’est pourquoi, nous avons mal de constater que le président Bédié ne veuille pas laisser la possibilité aux militants de s’exprimer librement à travers un vote démocratique. C’est totalement faux quand on dit, au Bureau politique, que tous les militants sont enthousiastes pour s’approprier l’Appel de Daoukro.

 

Mais l’Appel de Daoukro ne fait-il pas une grande ouverture au Pdci pour son retour au pouvoir, à travers l’idée de l’alternance en 2020 ?

Y.L : Au regard de ce qui s’est fait dans un passé récent, je suis dubitatif.

 

Qu’est-ce qui fonde votre doute ?

Y.L : On nous parle du Rhdp, mais le Rdr a une position ambigüe. Là où le Rdr est majoritaire, il refuse le Rhdp. Les faits sont là. Ce n’est pas moi qui le dis. Je prends un exemple : la commune de Korhogo a trois députés, les trois députés sont tous du Rdr. A Port-Bouët, il y a deux députés. On fait une liste de deux personnalités. Une du Rdr et l’autre du Pdci. A Bouaké, il y a quatre députés, ils sont tous issus du Rdr. On aurait, au sein du Rhdp, pu faire des listes consensuelles qui intègrent équitablement tout les partis. Mais le Rdr a refusé.

 

Voulez-vous dire que votre allié ne joue pas franc-jeu ?

Y.L : Je ne veux pas juger mon allié. Mais, le constat est là dans toute sa nudité.

 

Relativement à l’idée de l’alternance en 2020 proposée par Bédié dans son appel de Daoukro, avez-vous connaissance de la position de votre allié, le Rdr ?

Y.L : Nous ne connaissons pas encore la position officielle du Rdr. Jusqu’au aujourd’hui, au moment où vous m’interviewez, aucune personnalité officielle du Rdr ne s’est prononcée sur la question. Le Rdr officiel n’a jamais dit oui à l’alternance en 2020 en faveur du Pdci. Ce qui renforce encore mon doute quant à leur sincérité sur cette question précise et sur la faisabilité de cette alternance. Je doute fort que le Rdr donne le pouvoir au Pdci en 2020.

 

Donc, vous ne croyez pas en l’alternance en faveur du Pdci en 2020…

Y.L : Je me demande d’ailleurs pourquoi parle-ton d’alternance ? Pour qu’il y ait alternance, il faut qu’il y ait deux entités distinctes. Or, Monsieur Bédié dit : ”en 2015, une fois après l’élection du président Alassane Ouattara, on va à un parti unifié”. Cela veut dire qu’il n’y a plus de Pdci, ni de Rdr. Pour moi donc, l’idée d’une alternance, à ce niveau, n’a pas de sens. Il faut qu’on laisse le Pdci, dans son entièreté, le Rdr, dans son entièreté et on verra où il faut prendre un candidat à la présidentielle. L’idée d’une alternance n’a pas de sens.

 

Et quelle est la position des militants de base du Rdr sur cette question ?

Y.L : Là-dessus nous entendons des choses de la bouche de nos amis du Rdr qui nous disent : « Vous les gens du Pdci-là, soyez raisonnables. Le pouvoir n’est pas une tontine ». Nos frères du Rdr sont catégoriques sur cette question. Ils nous disent : « le pouvoir, ce n’est pas une tontine pour qu’on le donne à tel aujourd’hui et à tel autre demain ». Je ne suis pas sûr que le Rdr nous passe la main en 2020. Je ne suis pas sûr que le Rdr accepte de quitter le pouvoir en 2020 au profit du Pdci-Rda.

 

Pourquoi avez-vous porté votre choix sur Essy Amara ?

Y.L : Il y a quatre de nos personnalités qui se sont déclarées candidats à la candidature. Moi, après analyse, j’ai décidé de soutenir le ministre Essy Amara.

 

Pourquoi Essy Amara et quelles sont les motivations de votre choix ?

Y.L : C’est un choix que je ne veux pas commenter maintenant. Nous sommes des enfants d’Houphouët-Boigny et nous avons pour mission de conduire le Pdci-Rda le plus loin possible. Nous ne pouvons pas accepter que le Pdci meurt.

 

Quelles sont, à vos yeux les chances et les atouts d’Essy Amara pour remporter les élections présidentielles face à Alassane Ouattara ?

Y.L : Essy Amara a de réelles chances de rempoter ces élections. Il a des stratégies que je ne voudrais pas décliner maintenant. Sauf cataclysme, il a de réelles chances de remporter l’élection présidentielle.

 

En dehors d’un appareil politique, j’allais dire d’une machine politique comme le Pdci, pensez-vous, véritablement, qu’il a une chance de gagner ?

Y.L : Ce sont les hommes qui constituent la machine du Pdci-Rda. Et ce sont ces mêmes hommes qui disent non à l’Appel de Daoukro. Donc, la question ne se pose pas.

 

Ils sont quatre qui vont se disputer l’électorat du Pdci. Ce n’est pas déjà un handicap pour votre candidat ?

Y.L : Tous les quatre se réfèrent toujours aux choix des militants. Chacun dit : ”si je suis choisi ou pas, je m’alignerai sur la décision des militants”.

 

A ce congrès extraordinaire, si les militants venaient à opter pour « l’Appel de Daoukro », votre candidat Essy Amara se maintiendra-t-il en course ?

Y.L : Les militants ne voteront pas pour une candidature pour ”l’Appel de Daoukro », en faveur de Ouattara… Je vous le dis. Si le vote se passe démocratiquement et sincèrement, l’Appel de Daoukro n’a aucune chance de passer. On va vers un passage en force de l’Appel de Daoukro. Bédié et ses hommes viendront imposer des résolutions aux militants.

 

Si ces résolutions sont imposées, Essy Amara, en militant discipliné, va-t-il s’aligner sur ces résolutions ou alors va-t-il maintenir sa candidature ?

Y.L : Essy Amara est candidat. Il n’est pas homme à se dérober de ses responsabilités. Il ne va pas se retirer parce que quelqu’un le lui a demandé. Il est candidat et ira jusqu’au bout.

 

Le lundi 16 février, vous vous êtes rendu à Daoukro en compagnie de votre candidat Essy Amara. Peut-on savoir ce qui s’est passé entre lui et M. Bédié?

Y.L : C’est une visite de courtoisie que le ministre Essy Amara est allée rendre à son président de parti. C’est un engagement qu’il a pris depuis Paris. Il a adressé une lettre personnelle au président Bédié pour dire qu’il allait le rencontrer dès son retour en Côte d’Ivoire.

 

Quelle a été la réaction de Bédié ?

Y.L : Il était content de nous voir. Je ne suis pas en mesure de vous dire de quoi il a été question entre les deux hommes, parce que nous qui accompagnions le ministre Essy, nous nous sommes retirés pour les laisser dans un tête-à-tête d’environ une heure.

 

Que vous a dit le ministre Essy au sortir de ce tête-à-tête ?

Y.L : Ce sont des confidences que je ne vais pas dévoiler ici. Le ministre Essy est là, il prendra, lui-même, la parole le moment venu.

 

Pensez-vous qu’Essy Amara est véritablement candidat ou alors il joue à un jeu politique ?

Y.L : Il l’a dit à son arrivée, le samedi (14 février 2015). Il a dit qu’il est candidat et qu’il va se battre pour gagner les élections. Il est déterminé à mener le combat.

 

Outre vous, au niveau du Pdci-Rda, quelles sont les autres personnalités qui portent cette candidature d’Essy Amara ? On a parlé de Bombet, Kotchy Prosper…

Y.L : Chacun se révélera lui-même dans les jours à venir. Prosper Kotchy qui agit beaucoup et moi-même, nous sommes la face émergée des soutiens à Essy Amara. Ils sont nombreux qui, en dessous, agissent pour sa victoire et qui se révèleront le moment venu.

 

Quels sont ses liens avec l’ancien président Laurent Gbagbo ?

Y.L : Me concernant, je ne pouvais pas ne pas être à l’enterrement de la mère de mon ami Laurent Gbagbo. En septembre 2000, lorsque j’ai perdu ma mère, Laurent Gbagbo est allé passer trois jours avec moi au village… Essy Amara est un ami de Gbagbo. C’est lui, Laurent Gbagbo qui avait positionné Essy à la tête de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le dernier secrétaire général.

 

Mais, après, il l’a lâché au profit d’Alpha Oumar Konaré, à la présidence de l’Union Africaine. N’est-ce pas ?

Y.L : Attendez ! Lorsque la décision a été prise de transformer l’Oua en Ua, Gbagbo a fait maintenir Essy Amara comme le premier président de l’Ua.

 

Mais, quand il s’est agi d’élire le président de l’Ua, Gbagbo a préféré son ami socialiste Alpha Konaré, ancien président du Mali…

Y.L : Moi, je n’étais pas présent là-bas. Donc je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas si Gbagbo lui a retiré son soutien ou pas… Ce que je sais, mon ami Essy Amara s’est retiré de lui-même.

 

Est-ce que Essy Amara espère un soutien de Laurent Gbagbo aux élections de 2015 ?

Y.L : Essy Amara n’espère pas de soutien d’une personne, en particulier. Il espère le soutien de toute la Côte d’Ivoire et de tous les Ivoiriens, y compris celui de Laurent Gbagbo. Moi, je suis proche d’Essy Amara. Je n’ai jamais entendu dire qu’il a déjà le soutien de Laurent Gbagbo. D’ailleurs, Essy lui-même ne m’a jamais dit qu’il a le soutien de Gbagbo. Mais, son souhait est que tous les Ivoiriens le soutiennent.

 

Est-ce que votre candidat Essy Amara envisage de se rendre à La Haye pour y rencontrer Laurent Gbagbo, son ami qui y est détenu ?

Y.L : Essy Amara fait de la réconciliation nationale, la priorité de ses priorités. Il dit que lui, Essy Amara, cette réconciliation ne peut se faire tant qu’une partie des personnes concernées se trouve ailleurs, en l’occurrence, mon ami Laurent Gbagbo qui fait partie des protagonistes. Gbagbo représente, officiellement, 46 % de l’électorat ivoirien. Ce sont ces 46 % de Laurent Gbagbo et les 56 % des autres qu’il faut mettre ensemble pour les réconcilier. Donc, moi, je pense, au regard des conversations privées que nous avons, il fera en sorte que tout le monde soit là. Dès qu’il sera possible pour lui, il ira à La Haye pour rencontrer son frère et ami Laurent Gbagbo.

 

S’il venait donc à être élu président de la République, son premier acte pourrait être la libération de Laurent Gbagbo. Est-ce cela ?

Y.L : A en croire ce qu’il me dit, s’il est élu président, son premier acte sera de s’attaquer à la réconciliation. Il fera en sorte que tout le monde soit présent en Côte d’Ivoire, y compris Laurent Gbagbo, afin que la réconciliation puisse se faire facilement.

 

Quelle est la place de la situation de Gbagbo dans votre stratégie ?

Y.L : La situation du président Gbagbo nous dérange au plus haut point. Notre souhait le plus ardent, qui est aussi celui du ministre Essy Amara, est qu’il soit libéré, le plut tôt possible. Le ministre Essy y pense tous les jours et je vous le dis, il a un plan dans ce sens.

 

Qu’est-ce qui s’est passé à l’aéroport à l’arrivée d’Essy Amara. Il se raconte qu’il a été privé d’un accueil populaire…

Y.L : Je peux vous relater ce qui s’est passé ce jour-là. C’est une décision du gouvernement qui organise l’accès au pavillon d’honneur. (…). Au départ, on dit, c’est cinq personnes qui sont autorisées. Nous avons négocié avec les autorités, qui, pour montrer leur bonne volonté, ont revu à la hausse le nombre de personnes, passant de cinq à quinze personnes. Mais, nous leur avons envoyé une liste de treize personnes. Lorsque nous nous sommes présentés, à notre grand étonnement, à l’aéroport, le jour de l’arrivée du ministre Essy Amara, on nous dit non ! C’est seulement quatre personnes qui sont admises à l’accueillir. Pourquoi quatre personnes au dernier moment ? Qui a donné les instructions. ? Nous n’en savons rien.

 

Essy Amara est resté longtemps en France. Que faisait-il ? Quelles sont ses relations dans le milieu politique français ?

Y.L : Il est le seul à répondre à cette question. Mais, ce que je sais, Essy est parti en septembre 2014 pour assister à l’Assemblée générale de l’Onu. Puis, il est allé faire des conférences à Singapour, en Amérique Latine, etc. Je vais vous faire une révélation. Essy est un blessé de guerre. Notamment, la guerre du Libéria et de Sierra-Léone. Au Liberia, pendant la guerre civile, il était dans un char. Il était en mission d’Etat… Coincé dans une forêt avec des généraux libériens. Les rebelles libériens de Charles Taylor ont mis le feu dans la forêt où Essy Amara se trouvait. En sortant de cette forêt, le char dans lequel il avait pris place a fait une chute dans un ravin, avec des généraux libériens. Il traine encore aujourd’hui les séquelles de cet accident. Après sa tournée dont je viens de parler, il sentait des douleurs. Lorsqu’il s’est rendu dans une clinique à Paris, le diagnostic a révélé que tous ses ligaments sont détachés et ses os se frottaient les uns contres les autres. C’est ainsi qu’il s’est fait opérer au genou récemment à Paris. Normalement, il a deux à trois mois de rééducation. C’est sur notre insistance, et par rapport a ce qu’il avait à faire ici qu’il est rentré en Côte d’Ivoire.

 

Mais, des rumeurs font état de ce qu’il a été chassé de France parce que son visa aurait expiré…

Y.L : Ceux qui racontent ces choses-là ne connaissent pas la réalité. Essy Amara, ancien ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, est un médaillé français. Et donc est respecté par l’Etat français. Il est Commandeur de la Légion d’Honneur. A tout le moins, on ne peut pas l’expulser comme un vulgaire Sdf (sans domicile fixe, Ndlr). Il a été ministre des Affaires étrangères, collègue de M. Alain Juppé, collègue de M. Hubert Védrine et de plusieurs hommes d’Etat de la cinquième république française…

 

Est-ce qu’il les a rencontrés pendant son séjour en France ?

Y.L : Oui, il les a rencontrés. Je sais qu’il a rencontré Alain Juppé, mais je ne sais pas s’il leur a fait part de ses ambitions présidentielles.

 

Est-ce que Essy Amara ambitionnait d’être candidat ou alors ce sont les circonstances qui l’y ont poussé ?

Y.L : Essy Amara est notre ami. Nous avons toujours parlé de ces choses avec lui. Mais, à la vérité, il a toujours refusé les propositions que nous, ses amis, lui faisions. Il nous disait que Dieu lui a tout donné et que les histoires de chef d’Etat, ce n’était pas sa tasse de thé.

 

Mais, qu’est-ce qui a changé aujourd’hui pour qu’il se porte candidat ?

Y.L : C’est quand il a entendu le président Bédié dire que le Pdci-Rda n’aura pas de candidat, en dépit de la résolution du 12 ème congrès ; que cette résolution soit passée en pertes et profits et que l’objectif final vise la disparition du Pdci-Rda au profit du « Pdci-Rdr », c’est en ce moment qu’il a pris sa décision de se présenter. Cette décision de Bédié l’a révolté. C’est ce qui explique sa candidature. Il a dit : ”le Pdci-Rda est la seule œuvre politique d’Houphouët-Boigny qu’il nous a léguée. Cette œuvre ne doit pas mourir”. Essy Amara dit qu’il ne peut pas accepter, de son vivant, que le Pdci-Rda meurt.

 

Essy Amara, dit-on, n’a jamais eu de bonnes relations avec Alassane Ouattara. Il a été le tout premier ministre à démissionner du gouvernement de celui-ci à la mort d’Houphouët-Boigny. Vous confirmez ?

Y.L : Ce n’est pas une affaire de bonnes relations entre Essy et Ouattara. C’est une affaire de foi et de conviction. En 1993, les textes étaient clairs. Il n’a fait que respecter ces textes de la constitution. Ce n’est pas lié à la personne de Ouattara. Il n’est pas en mauvais termes avec Ouattara. Mais, il estime que quand il y a des textes, il faut rigoureusement les respecter. Si les militants du Pdci étaient des suiveurs, peut-être que M. Bédié n’aurait pas été président en 1993. Car, il a fallu des gens comme Essy pour dire non, pour que Bédié soit président de la République. Aujourd’hui, nous sommes quasiment dans le même scenario de 1993. Il se trouve dans la position de ceux qui voulaient son élimination en 1993. Nous disons qu’il faut appliquer les textes du 12 ème congrès.

 

Donc, avec ou sans la caution du Pdci, Essy Amara sera candidat…

Y.L : Oui, je le pense. Je pense et je suis convaincu qu’avec ou sans le Pdci, Essy Amara sera candidat à l’élection présidentielle et il va la remporter. Il ne peut plus reculer.

 

A-t-il sur son agenda, une rencontre avec Alassane Ouattara ?

Y.L : En tout cas, le seul calendrier qu’il a, à ma connaissance, c’est une rencontre avec le président Bédié. Pour le président Ouattara, je n’en sais rien.

 

On présente, dans certains milieux, Essy Amara comme le candidat de la France contre Alassane Ouattara. Qu’est-ce que vous en savez ?

Y.L : Essy Amara a été reçu deux fois à l’Elysée, parce que, par ses fonctions passées, il a eu de très bonnes relations avec la France officielle. Et c’est tout à fait normal que quand il est en France, il revoie ses amis, discutent avec eux… Comment peut-il être le candidat de la France ? Je ne comprends pas. Pourquoi, en Afrique, on pense que c’est la France qui décide de tout.

 

Pensez-vous qu’il est tard pour que les choses s’arrangent au Pdci-Rda ?

Y.L : Nous demandons vivement au président Bédié de relire le texte du comité des sages, les recommandations qui sont faites afin qu’il retire son appel de Daoukro. Il faut que Bédié retire l’Appel de Daoukro. C’est à cette condition qu’il peut ramener la paix et la cohésion au Pdci-Rda.

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