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Affaire « drone malien détruit » : L’Algérie boycotte Bamako et fait avorter le procès

DPour le duo Mali-Algérie, la brouille s’enlise. Le Mali vient de sortir bredouille auprès de la CIJ, pendant que l’Algérie continue de faire la sourde oreille. La procédure à la CIJ vient d’être avortée faute de coopération d’Alger qui ne veut faire aucun cadeau à Bamako.

Le Mali avait récemment saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) pour dénoncer ce qu’il qualifie d’agression de la part de l’Algérie. Cette démarche judiciaire n’a pas abouti car la plus haute instance des Nations unies a rapidement annoncé le refus d’Alger de se soumettre à la procédure. En conséquence, l’affaire est désormais close, sans que le Mali n’en obtienne gain de cause.

Un recours judiciaire vite bloqué
Le 16 septembre 2025, Bamako déposait une plainte auprès de la CIJ, accusant l’Algérie d’avoir violé le principe fondamental du non-recours à la force entre États. Cette plainte faisait suite à un incident frontalier impliquant un drone malien abattu, selon le Mali, par l’armée algérienne. Cependant, cette action judiciaire se heurte à un principe en droit international : la CIJ ne peut connaître d’un différend sans que la partie adverse ne consente explicitement à sa compétence, sauf dans le cadre d’un traité ou d’une convention prévoyant une telle soumission. Or, dans ce cas précis, l’Algérie a clairement refusé de participer au processus.

Ainsi, dès le 19 septembre, la Cour a informé le Mali que l’affaire ne pourrait pas dépasser cette phase préliminaire, signant de fait sa clôture immédiate.
La démarche du Mali avait un fort poids symbolique. Elle visait non seulement à dénoncer ce qu’il estime être une violation de sa souveraineté, mais aussi à attirer l’attention de la communauté internationale sur la détérioration des relations bilatérales. L’Algérie, de son côté, a qualifié la plainte malienne de « manœuvre trop grossière pour être crédible » et « d’instrumentalisation » de la CIJ. Elle maintient que le drone survolait son espace aérien, soutenant ses dires par les données radar de son armée. Cet incident cristallise des tensions déjà fortes entre les deux pays, notamment sur les questions sécuritaires et frontières, exacerbées par des accusations mutuelles qui ont contribué à un climat particulièrement tendu.

À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maiga, a dénoncé à nouveau la position de l’Algérie, qui, selon lui, bafoue la légalité internationale en refusant l’intervention des juges internationaux. Dans un communiqué publié le 26 septembre, Bamako va jusqu’à voir dans ce refus un « aveu » supposé d’un soutien algérien au terrorisme, une accusation grave qui alimente encore les crispations régionales.

Ce retour en arrière sur le plan judiciaire indique les limites des mécanismes internationaux dès lors qu’une partie choisit la non-coopération. L’absence d’arbitrage ou de médiation à venir entretient la rivalité et laisse planer une incertitude pesante pour la stabilité de la région. Cette affaire enseigne à la communauté ouest-africaine de trouver d’autres voies de dialogue et de règlement pacifique, en complément des juridictions internationales souvent confrontées aux blocages politiques.

 

 

 

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