Une opération d’exportation regroupant 35 expéditions vers 19 pays a été lancée samedi par le ministère algérien du Commerce extérieur, avec une communication officielle mettant en avant une ouverture vers les cinq continents et un recentrage sur les marchés africains.
Présent à Tizi-Ouzou lors de l’ouverture d’un salon dédié aux produits laitiers, le ministre Kamel Rezig a annoncé le déploiement simultané des opérations d’exportation, notamment 35 expéditions vers 19 destinations, depuis plusieurs wilayas, en coordination avec les autorités locales.
Selon le ministère, les cargaisons concernent des produits agricoles, industriels et manufacturés, allant des dattes et produits laitiers jusqu’au ciment, en passant par l’électroménager et les textiles. L’initiative est présentée comme une première du genre, censée structurer une dynamique exportatrice hors hydrocarbures.
Dans le prolongement de cette annonce, les autorités mettent en avant des commandes issues notamment de partenaires africains, évoquant un volume global supérieur à 23 milliards de dollars. Aucun calendrier précis d’exécution ni ventilation sectorielle détaillée n’a toutefois été communiqué, ce qui limite à ce stade la lecture effective de ces engagements.
L’opération s’inscrit dans le sillage de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) organisée à Alger, sans que le lien direct entre les contrats annoncés et les expéditions en cours ne soit clairement établi.
Sur le plan économique, l’initiative intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier ses recettes extérieures, encore largement dominées par les hydrocarbures. Les autorités affirment vouloir hisser les exportations hors énergie à un niveau compétitif à l’échelle africaine.
Cependant, les données publiques récentes montrent que ces exportations restent limitées en volume et concentrées sur quelques segments, ce qui interroge la capacité du tissu productif à soutenir durablement une montée en cadence.
Par ailleurs, la forte implication administrative -à travers la mobilisation de treize wilayas et le recours à des dispositifs coordonnés par l’État- souligne un modèle encore largement piloté par les autorités publiques. Cette approche, si elle permet un effet d’affichage et de coordination rapide, pose la question de la compétitivité intrinsèque des entreprises exportatrices et de leur capacité à s’insérer durablement dans les chaînes de valeur internationales sans soutien institutionnel constant.



