Viviane Yolande Compaoré, ancienne ministre et proche de Blaise Compaoré, a été retrouvée morte à Ouagadougou. Les circonstances restent floues, suscitant inquiétude et émotion au Burkina Faso.
Viviane Yolande Compaoré, ancienne ministre et députée burkinabè, a été retrouvée morte le samedi 10 janvier 2026 à son domicile du quartier Karpala, à Ouagadougou, selon des sources proches de la défunte. Les circonstances de sa mort restent pour l’instant inconnues.
Baignant dans son sang
Ancienne députée du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), Viviane Yolande Compaoré a occupé plusieurs postes ministériels, notamment ceux de ministre des Transports et du Tourisme, puis de ministre de l’Intégration régionale sous le Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo. Elle a également été gouverneure de la région du Nord, où elle s’était distinguée par son engagement en faveur de la cohésion sociale et du dialogue local.
Mme Compaoré a présidé la Commission des affaires étrangères et de la défense de l’Assemblée nationale et dirigé le Réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Sa carrière politique, marquée entre 1996 et 2010, fait d’elle une figure emblématique de l’ancienne garde du CDP.
Le corps de l’ancienne responsable a été découvert baignant dans son sang, selon les sources. Les autorités sécuritaires et judiciaires ont immédiatement ouvert une enquête pour déterminer les auteurs et les motifs de ce crime. Aucun élément n’indique pour l’instant s’il s’agit d’un règlement de comptes ou d’un autre acte.
Interrogations ravivées
Le CDP n’a pas encore publié de communiqué officiel. Mais, l’annonce de sa mort a suscité une vive émotion au Burkina Faso, en particulier sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Proche de l’ancien président Blaise Compaoré, dont elle portait le nom, Viviane Yolande Compaoré représentait une génération politique révolue, visée par la ligne ferme que la transition militaire du capitaine Ibrahim Traoré applique aux figures de l’ancien régime.
Pour rappel, Blaise Compaoré vit toujours en exil à Abidjan, en Côte d’Ivoire, depuis sa chute en 2014, et reste une figure polarisante au Burkina Faso. Les relations entre l’ancien président et le chef de la transition militaire, le capitaine Ibrahim Traoré, restent tendues, marquées par des antagonismes idéologiques et une forte pression judiciaire sur les proches de Compaoré.
Au Faso, le décès de Viviane Yolande Compaoré, dans ce contexte, ravive les interrogations sur les risques encourus par les proches de l’ancien président et sur la stabilité politique du pays.



