Un premier groupe de Nigérians a atterri, jeudi 11 juin 2026 dans la matinée à Lagos, capitale économique du Nigeria. Ils ont été rapatriés d’Afrique du Sud après une montée des violences xénophobes dans la Nation arc-en-ciel. Ce groupe était composé de 258 personnes, en majorité des femmes et des enfants. Certains d’entre eux n’ont jamais connu le Nigeria et ont tout à reconstruire.
« Nous sommes de retour à la maison », scandent certains passagers à la descente de l’avion, le poing en l’air et toujours emmitouflés dans des vêtements chauds adaptés à l’hiver sud-africain.
La peur se lit dans les yeux de ces rescapés alors qu’ils relatent le climat des dernières semaines en Afrique du Sud. Les discriminations au travail, dans l’accès au soin et les passages à tabac en recrudescence ces dernières semaines les ont convaincus de partir.
Sur le tarmac du terminal de fret de l’aéroport de Lagos, une cellule de crise a été installée pour s’assurer de redonner aux rapatriés le minimum pour se réintégrer dans la société nigériane : un numéro d’identification nationale, une ligne téléphonique et un million de nairas (un peu plus de 600 euros) chacun, pour faciliter leur réinstallation.
Patience, mère de quatre enfants, s’agace qu’on lui demande un numéro de compte en banque pour bénéficier de sa compensation, alors qu’elle n’a plus d’attache avec le Nigeria qu’elle a quitté il y a 13 ans. Mais ce qui l’inquiète davantage, c’est l’avenir de ses enfants dans ce pays dans lequel elle n’imaginait plus son futur.
L’Afrique du Sud a connu des épisodes récurrents de violences anti-immigrants, mais les manifestations se sont intensifiées cette année et des milices autoproclamées ont ordonné aux étrangers sans papiers de quitter le pays d’ici au 30 juin. Des ressortissants étrangers ont témoigné avoir été intimidés et battus par des foules allant de porte en porte pour leur ordonner de partir avant cette date.
L’Afrique du Sud est la première économie d’Afrique et accueille plus de trois millions d’étrangers, soit un peu plus de 5% de sa population. Mais le chômage dépasse les 30%, alimentant la colère envers les travailleurs immigrés.



