Depuis juin 2023, le projet « Marché santé » expérimente à Douala des mesures visant à renforcer l’hygiène et la sécurité des aliments dans les marchés de la ville.
Menée avec l’appui de l’OMS et financée par la Suède, l’initiative « Marché santé » à Douala commence à produire des résultats concrets dans les marchés pilotes de Ndogpassi et New Deido. Basé sur des données scientifiques, le projet entend corriger les pratiques à risque dans la chaîne alimentaire et promouvoir des comportements sûrs et durables.
Avant son lancement, de nombreuses pratiques dangereuses étaient courantes, comme l’usage de formol pour conserver la viande ou des conditions d’hygiène dégradées. Ces dérives exposaient la population à des maladies d’origine alimentaire, qui demeurent un problème majeur en Afrique, avec plus de 91 millions de cas et 137 000 décès annuels selon l’OMS.
Au Cameroun, plus de 200 cas d’intoxication alimentaire ont été recensés en 2024, dont plusieurs chez des enfants. Des analyses ont également mis en évidence des pesticides non conformes dans 70 % des échantillons agricoles et des lacunes importantes en matière de transformation et d’hygiène alimentaire.
Pour y remédier, le projet mise sur la sensibilisation, la formation et la coordination des acteurs selon l’approche « Une seule Santé ». À ce jour, plus de 150 leaders communautaires ont été formés à la gestion des déchets, 25 acteurs à la sécurité sanitaire des aliments, et plus de 3 000 personnes ont été sensibilisées aux bonnes pratiques.
Les effets sont visibles : propreté accrue des marchés, disparition progressive des étalages à même le sol, installation de zones de collecte des déchets et nettoyage régulier des espaces de vente. Des travaux d’aménagement ont également permis de réduire les inondations dans certaines zones.
Soutenu par un partenariat public-privé, notamment avec le Port autonome de Douala, le projet a déjà contribué à l’assainissement de 26 marchés. La prochaine phase, prévue à partir de 2026, visera l’amélioration des infrastructures sanitaires et techniques, notamment l’accès à l’eau potable et le drainage des eaux usées.
Les commerçants, désormais mieux formés, adoptent progressivement de nouvelles pratiques et participent à la sensibilisation des clients. Cette dynamique est saluée par les usagers, qui constatent une nette amélioration des conditions d’hygiène et une réduction des risques sanitaires.
Lancé à la suite d’enquêtes menées entre 2021 et 2022 révélant d’importantes lacunes en matière de sécurité alimentaire au Cameroun, le projet « Marché santé » vise à réduire les maladies d’origine alimentaire à travers trois axes : renforcer la gouvernance, promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène et améliorer les infrastructures des marchés.



