06122021Headline:

Centrafrique: l’homme de Dieu se rendait dans le camp des rebelles, pour leur parler de la nécessité de taire les armes

Ce dimanche 9 Mai 2021, sur les antennes de la radio RFI, 11 heures, l’émission ”Religion du monde” a été consacrée au Centrafrique avec pour invité le cardinal de Bangui, Dieudonné Nzampalainga. Ce dernier a raconté ses souvenirs de la guerre intercommunautaire meurtrières qui sévit dans son pays. Les chrétiens et les musulmans étaient divisés, des rebelles armés jusqu’aux dents tuaient des innocents, la vie humaine n’ayant plus aucune valeur.

Dans son souci de ramener la paix dans le pays, le cardinal Dieudonné Nzampalainga entreprenait des campagnes de sensibilisation, parlant aux chrétiens, aux musulmans, tous en proie à une guerre ethno-religieuse sanglante. Au risque de sa vie, l’homme de Dieu se rendait dans le camp des rebelles, pour leur parler de la nécessité de taire les armes et d’aller à la paix. Parti un jour dans un bastion de milice sanguinaire, il se rappelle qu’il s’était retrouvé dans une maison avec un chef rebelle ainsi que ses subordonnés pointant ses armes sur lui, prêts à dégainer. Le message était clair dans l’accueil à lui réservé, il allait être exécuté ce jour-là. Mais ce jour-là, le cardinal a adressé ces mots au chef : Je ne veux pas que tu crois que tu es une personne foncièrement mauvaise parce que tout simplement tu fais des choses mauvaises. Je ne veux pas que tu crois que tu es mauvais, parce que c’est ainsi, ou parce qu’on te le dit. Moi je te regarde et je te dis, il y a une bonté extrême en toi. Il y a une lumière en toi. Et si tu l’écoutes, tu verras à quel point tu es un homme bon qui déteste faire le mal. Ta vraie personnalité ne peut qu’être celle d’un homme bien. Une lumière est en toi, elle te parle. Tu es un homme bon. Et pourquoi serrer la mine, tu ne sais pas sourire ?

Le cardinal se rappelle que pendant qu’il parlait ce jour de l’année 2015, le chef rebelle a souri, montrant une face plus aimable. Il a donc réussi à désamorcer le cœur du soldat, avec l’arme de la parole apaisante. Ce soldat a été si touché qu’il a ordonné à ses hommes de libérer un captif qui devait être exécuté les minutes à venir. La conséquence de la parole de l’homme de Dieu a été aussi de sauver une vie humaine, vouée à la mort, et le cardinal nous raconte ce souvenir, l’émotion perceptible dans la voix.

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga témoigne avoir frôlé plusieurs fois la mort pendant cette période pénible traversée par son pays. La parole a été l’arme qui lui a permis de rester en vie en continuant ses sensibilisations pour que le mur de la méfiance s’écroule entre les différentes ethnies, les différentes religions, afin qu’elles réapprennent à vivre de nouveau ensemble, en marchant sur la voie de l’amour.

Louis-César BANCÉ

Comments

comments

What Next?

Related Articles