Son surnom et nom de code : Omar
Un fin militaire, un général « tout fait » qui a suivi toutes les marches de la hiérarchie. L’homme a exercé aux temps de Mamadou Tadja, Mahamadou Issoufou et Bazoum Mohamed. A côté des arcanes du pouvoir, Abdourahmane Tiani n’a sauté ni étape ni de grade.
Pendant que des militaires en Afrique de l’ouest opère des coups d’Etat pour s’offrir des attributs d’officiers généraux, Abdourahmane Tiani est un Général sans compromis. Il s’est fait ses galons dans les couloirs de l’administration militaire et à la présidence. D’où un chef militaire qui a la maitrise de ses hommes et de son terrain. Zoom !
Un porteur d’uniforme très rigoureux
Dans les coulisses de l’armée nigérienne, le parcours d’Abdourahmane Tiani, alias « Omar », fascine autant qu’il interpelle. Né en 1964 à Filingué, ce général de brigade a su gravir les échelons de la hiérarchie militaire nigérienne sans jamais sauter d’étape, faisant de lui un homme d’État respecté et un pilier de la transition politique récente.
Il s’est ensuite illustré dans les rangs de l’armée, de caporal en 1986, sergent en 1989, sous-lieutenant en 1991, et lieutenant en 1993. L’année 1997 le consacre capitaine, et de 2002 à 2007, il a obtenu le grade de commandant. Promu Lieutenant-colonel en 2007, Colonel en 2011 et Général en 2018, le nouveau dirigeant nigérien s’est bâti une solide réputation.
Dans ses anciens rôles, Tiani a commandé diverses unités militaires, dont le 32ème bataillon interarmes de Zinder entre 2003 et 2005, puis le 22ème bataillon interarmes d’Agadez en 2006. En 2008, il a été chef du centre des opérations de l’État-major des armées. Le Général Tiani est un polyglotte, maniant le Haoussa, le Djerma, le Français et l’Anglais. Il est un fier père de cinq enfants avec son épouse, Sabira Issa. Tiani est un récipiendaire distingué, cumulant diverses récompenses, dont la médaille d’or de la défense nationale de France en 2004 et le grade de commandeur de l’ordre national du Niger en 2018.
Des stages de perfectionnement hors du continent
Son histoire, marquée par des formations en Afrique, en France et aux États-Unis, est celle d’un militaire assidu qui a toujours œuvré dans l’ombre de l’administration et des hautes sphères du pouvoir. Après avoir achevé ses études primaires et secondaires à Filingué et Niamey, Abdourahmane Tiani obtient son Baccalauréat série D et intègre l’armée en 1984.
L’officier subalterne de l’époque poursuit sa formation à l’École d’application de l’infanterie de Thiès, au Sénégal, avant de bénéficier de plusieurs stages en France et aux États-Unis. Ces formations multiculturelles et rigoureuses ont forgé le caractère et le professionnalisme de Tiani. « C’est par son travail constant et sa persévérance qu’il a su se forger une solide réputation dans l’armée », déclare un de ses anciens instructeurs, rappelant son engagement sans faille dès ses débuts.
Une ascension sans détour
Après une période passée en tant qu’aide de camp, Tiani est nommé à la tête de la garde présidentielle en 2011 par le président Mahamadou Issoufou. Pendant plusieurs années, il se montre fidèle aux gouvernements successifs, s’adaptant aux directives de ses supérieurs sans jamais dévier de sa trajectoire professionnelle. En avril 2021, lorsque Mohamed Bazoum accède à la présidence, ce général chevronné est maintenu à son poste, témoignant de sa crédibilité et de sa compétence.
« Sa loyauté et sa rigueur opérationnelle ont permis d’éviter deux tentatives de putschs contre le gouvernement Bazoum », précise un analyste militaire, traduisant la perspicacité de son rôle dans la stabilité politique de l’époque.
Le destin d’Abdourahmane Tiani bascule en juillet 2023. Profitant d’un contexte de tensions politiques exacerbées, le général joue un rôle clé dans le coup d’État qui renverse le président Mohamed Bazoum. Initialement, son limogeage et la restructuration de la garde présidentielle étaient prévus pour le 27 juillet. Toutefois, dans la foulée des tractations internes, le 28 juillet 2023, Tiani se retrouve propulsé à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Ce coup de force marque un tournant historique dans l’armée nigérienne et dans la vie politique du pays.



