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« Diaspora Bonds » du Burkina Faso à la BRVM à abidjan

Au Burkina Faso, les « Diaspora Bonds » sont entrés en Bourse avec la mobilisation des 151 milliards FCFA, un emprunt Patriote qui fait désormais coter ses obligations à la BRVM. Un bon qualitatif pour la politique de Ouagadougou.

Le Burkina Faso a officiellement fait coter ses premiers « Diaspora Bonds » à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) le jeudi 3 septembre 2026. L’opération, baptisée « Emprunt Patriote », a permis de mobiliser 151,5 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 121 % par rapport à l’objectif initial de 125 milliards. Deux titres souverains ont été admis : un à 5 ans (6,75 %) et un à 7 ans (6,85 %). Cette admission ouvre désormais la possibilité aux souscripteurs de céder leurs obligations sur le marché secondaire. La BRVM entend capitaliser sur cette expérience pour faciliter l’accès de la diaspora africaine aux marchés financiers via des solutions technologiques.

Lancé le 6 mai dernier avec un objectif initial de 125 milliards de FCFA, l’« Emprunt Patriote » a finalement mobilisé 151,5 milliards, soit un taux de couverture de plus de 121 %.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a officiellement admis à sa cote les premiers « Diaspora Bonds » du Burkina Faso. Une opération qui, au-delà des chiffres, ouvre une voie nouvelle pour le financement endogène des économies de la sous-région. Et qui offre à la diaspora un rôle économique que les seuls transferts d’argent ne sauraient résumer. La cérémonie de première cotation s’est tenue à Abidjan, en présence des principaux artisans de cette réussite collective. Edoh Kossi AMENOUNVE, directeur général de la BRVM, Yao Kouassi de Vista Group Holding, Alexis Lourgo de la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF), et Patindé Jean Yves BELEM, directeur général du Trésor burkinabè, ont tous salué une opération qui dépasse le simple cadre financier.

L’emprunt qui a fait le carton plein
Lancé le 6 mai dernier avec un objectif initial de 125 milliards de FCFA, l’« Emprunt Patriote » a finalement mobilisé 151,5 milliards, soit un taux de couverture de plus de 121 %. Une performance rare sur le marché obligataire régional, qui témoigne de l’appétit des investisseurs pour la signature du Burkina Faso, malgré un contexte sécuritaire et géopolitique pourtant exigeant. Les deux titres désormais cotés offrent des rendements différenciés : le premier, d’une maturité de cinq ans, propose un taux d’intérêt de 6,75 % avec échéance en 2031. Le second, sur sept ans, affiche un rendement de 6,85 % pour une échéance en 2033. Deux durées, deux profils d’investisseurs, une même confiance dans la capacité du pays à honorer ses engagements.

Le marché secondaire s’ouvre aux souscripteurs
L’admission à la cote de la BRVM ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle confère aux obligations une liquidité nouvelle, jusque-là absente. Les souscripteurs initiaux peuvent désormais céder leurs titres sur le marché secondaire, tandis que de nouveaux investisseurs peuvent en acquérir. Une souplesse qui élargit le cercle des participants et contribue à approfondir le marché obligataire régional. Pour Edoh Kossi AMENOUNVE, cette opération illustre la possibilité de mobiliser davantage l’épargne de la diaspora africaine pour financer directement les économies du continent. « Avec 151,5 milliards de FCFA levés, le Burkina démontre qu’une diaspora bien informée et bien accompagnée peut être une force économique et financière pour son pays », a-t-il souligné. Un message qui résonne au-delà des frontières burkinabè, alors que les transferts financiers des migrants africains atteignent chaque année des montants considérables.

La diaspora appelée à investir davantage
Le directeur général de la BRVM a également plaidé pour la levée des « barrières » qui freinent encore l’investissement de la diaspora. « Notre sous-région ne pourra capter durablement cette manne financière que si le geste d’investir devient aussi simple que le geste d’envoyer de l’argent à sa famille », a-t-il déclaré. Une ambition qui passe par le développement de solutions technologiques permettant d’ouvrir un compte-titres, de suivre ses investissements et d’accéder à l’information financière à distance, où que l’on se trouve dans le monde. La BRVM, qui poursuit sa progression soutenue, entend s’appuyer sur ces innovations pour attirer une part croissante de l’épargne de la diaspora. En 2025, son indice BRVM Composite avait progressé de 25,26 %, et la capitalisation globale du marché atteignait 24 781,3 milliards de FCFA. En août 2026, le compartiment actions a franchi le seuil des 20 000 milliards, tandis que le compartiment obligataire dépassait les 12 600 milliards, pour un indice composite évoluant au-delà de 500 points.

La crédibilité du Burkina sur les marchés financiers
Pour Patindé Jean Yves BELEM, directeur général du Trésor burkinabè, le succès de l’Emprunt Patriote tient à la réputation que le pays s’est construite sur les marchés financiers. « Dans l’univers exigeant des investisseurs, le Burkina Faso est reconnu comme une Nation qui honore ses engagements. Dans les moments difficiles de notre histoire, face aux défis sécuritaires, économiques et géopolitiques, notre pays est resté debout, digne et crédible », a-t-il affirmé. Une constance qui constitue désormais un atout majeur pour le pays, et le fondement de la confiance que les investisseurs continuent de lui accorder. Alexis Lourgo, de la SBIF, a pour sa part salué la participation de tous les investisseurs (burkinabè et non burkinabè, résidant ou non-résidant, personnes physiques et morales) qui se sont empressés d’acheter ces obligations pour contribuer directement au financement endogène de l’économie du Burkina.

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Pour le Trésor burkinabè, cette cotation constitue une étape supplémentaire dans la valorisation de l’emprunt et dans la mobilisation de l’épargne de la diaspora. Les fonds levés seront affectés au financement des projets inscrits dans le plan national de développement « RELANCE ». Un programme ambitieux, qui nécessitera des ressources nouvelles et une implication soutenue de tous les acteurs économiques. L’expérience burkinabè pourrait faire des émules. En prouvant qu’une diaspora bien organisée peut devenir un levier de financement structurant, le Burkina ouvre une voie que d’autres pays de la sous-région pourraient être tentés d’emprunter. La BRVM, avec cet emprunt, a gagné un nouveau terrain dans la transformation des pratiques financières en Afrique de l’Ouest.

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