Plusieurs formations politiques algériennes ont demandé à l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) une prolongation exceptionnelle des délais de dépôt des candidatures pour les législatives du 2 juillet 2026, invoquant des difficultés administratives et logistiques dans la collecte des signatures de soutien.
À quelques jours de l’échéance fixée au 18 mai, la pression monte en Algérie autour du processus de validation des candidatures aux élections législatives anticipées prévues en juillet prochain. Des représentants de plusieurs partis, principalement des micro-formations politiques, ont été reçus au siège de l’Anie à Alger par son président intérimaire, Karim Khalfan, afin d’exposer les obstacles rencontrés sur le terrain lors de la collecte des formulaires de parrainage.
Parmi les formations ayant formulé cette requête figurent notamment le Parti de l’Union des forces démocratiques et sociales (Ufds) ainsi que Talaie El Hourriyet. Leurs responsables affirment que les premières semaines de l’opération ont été marquées par des difficultés administratives ayant ralenti le traitement des dossiers. Les partis évoquent notamment l’encombrement dans plusieurs mairies, les retards dans l’authentification des formulaires et un accès limité aux services concernés.
Ces difficultés administratives se sont ajoutées, selon les mêmes sources, à une réticence d’une partie des citoyens à signer les formulaires de soutien. Plusieurs électeurs exprimeraient des inquiétudes liées à l’utilisation des données personnelles, tandis que d’autres afficheraient un désintérêt croissant pour la participation politique. Les partis concernés considèrent que cette situation réduit fortement leur capacité à réunir le nombre de signatures exigé dans les délais légaux.
Le cadre juridique actuel impose en effet aux partis n’ayant pas obtenu au moins 4% des suffrages lors des législatives de 2021 de collecter 150 signatures pour chaque siège à pourvoir dans leur circonscription électorale. Une obligation jugée particulièrement lourde par les petites formations politiques, qui ne disposent ni des relais territoriaux ni des réseaux d’élus locaux dont bénéficient les grands partis déjà exemptés de cette procédure.
Face à ces demandes, l’Anie a précisé que toute décision de prolongation des délais ne relevait pas directement de ses compétences. L’Autorité électorale a néanmoins indiqué qu’elle transmettrait cette requête au président Abdelmadjid Tebboune, seul habilité à statuer sur une éventuelle extension conformément aux dispositions constitutionnelles et légales en vigueur.
Cette controverse intervient dans un climat de mobilisation accélérée des partis et des listes indépendantes engagés dans une véritable course contre la montre avant la clôture officielle des dépôts de candidatures.



