Au Ghana, le débat sur les réparations liées à l’esclavage reste vif. Une semaine après la reconnaissance par l’ONU de la traite transatlantique comme le crime le plus grave contre l’humanité — une initiative portée par Accra — les réactions restent partagées. Entre soutien au principe, scepticisme sur son impact concret et interrogations politiques, la question continue de diviser.
Dans les rues d’Accra, les avis sont loin d’être unanimes. Baba Amanba, agriculteur, se montre sceptique quant à l’impact concret des réparations sur la vie des Africains : « Je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et je ne pense pas que ces réparations auront un impact positif sur la vie des Africains ordinaires. »
D’autres soutiennent pleinement le principe, estimant qu’il est légitime, au regard des souffrances subies. Fonctionnaire, Richard Kofi Boahen milite notamment pour la restitution des objets culturels: « Pendant la traite négrière, on nous a dépouillés de nos objets, de nos symboles, de ce qui représentait l’Afrique. Ils ont tout pris. Et aujourd’hui encore, certains pays, comme le Royaume-Uni, parlent de “prêter” ce qu’ils ont volé. C’est injuste. Ces biens doivent être rendus. »
Le Royaume-Uni, comme la France et l’Argentine, s’est abstenu lors du vote. Une position incompréhensible pour Aduanaba Okyere, étudiant en journalisme : « C’est très surprenant parce qu’on ne sait pas s’ils sont pour ou contre. Mais ils ne se sont même pas impliqués dans le vote et je pense qu’ils doivent des explications à leurs citoyens. »



