Selon Brut Afrique, à quelques semaines de la visite du pape Léon XIV, des prélèvements de 55.000 F CFA sur les salaires de fonctionnaires et des contributions à hauteur de 10.000 F CFA imposées à des étudiants, suscitent des interrogations en Guinée équatoriale.
Prévue du 21 au 23 avril, la visite du pape Léon XIV en Guinée équatoriale s’organise dans un contexte marqué par des tensions. Si les autorités multiplient les préparatifs à Malabo, notamment à travers des travaux d’embellissement de la ville, des témoignages font état de mesures controversées pour financer l’événement.
Des prélèvements dénoncés par des fonctionnaires et militaires
Selon plusieurs témoignages rapportés par l’AFP, le gouvernement aurait procédé en février à des retenues sur les salaires de certains agents publics. Les montants évoqués varient entre 20 000 et 55 000 francs CFA, touchant à la fois des fonctionnaires civils et des membres des forces armées. Un fonctionnaire témoigne ainsi dans l’anonymat, avoir subi un prélèvement de 55 000 francs sur un salaire mensuel de 250 000 francs, soit une part non négligeable de ses revenus. De son côté, un officier de l’armée évoque une situation similaire, tout en précisant qu’il n’est pas directement concerné par les activités liées à la visite du pape. Ces fonds auraient été mobilisés pour financer les travaux engagés dans la capitale, notamment le nettoyage des rues et l’aménagement des espaces publics en vue de l’arrivée du souverain pontife. Si aucune communication officielle détaillée n’a été faite à ce sujet, ces témoignages alimentent les critiques sur les méthodes de financement adoptées.
Des contributions imposées aux étudiants
La polémique ne se limite pas aux fonctionnaires. Les étudiants de l’Université nationale de Guinée équatoriale, que le pape doit visiter, sont également concernés. L’administration de l’établissement a annoncé que le port d’une tenue spécifique sera obligatoire lors de la visite. Pour se procurer cette tenue, chaque étudiant devra débourser 10 000 francs CFA. En contrepartie, un kit comprenant plusieurs accessoires foulard, casquette, sac et éventail leur sera remis. Le nouveau campus de l’université, qui porte le nom du pape Léon XIV, doit être l’un des temps forts de cette visite. Cette mesure suscite des interrogations, notamment sur son caractère obligatoire et sur la charge financière qu’elle représente pour certains étudiants. Dans un contexte économique parfois difficile, ces dépenses supplémentaires peuvent être perçues comme une contrainte. Malgré ces controverses, la visite du pape Léon XIV revêt une importance particulière pour la Guinée équatoriale. Elle s’inscrit dans le cadre de sa première tournée africaine, qui doit également le conduire en Algérie, au Cameroun et en Angola.
Pour les autorités, cet événement représente une opportunité de visibilité internationale et de renforcement des liens avec le Vatican. Les préparatifs en cours à Malabo témoignent de cette volonté de présenter une image positive du pays. Cependant, les critiques liées aux modalités de financement pourraient ternir cet élan. Elles posent la question de la transparence et de l’équité dans la mobilisation des ressources publiques et privées pour l’organisation d’événements d’envergure. Entre ferveur religieuse, enjeux politiques et préoccupations sociales, la visite du pape Léon XIV en Guinée équatoriale ne laisse pas indifférent. Si elle suscite de grandes attentes, elle met également en lumière les défis liés à son organisation, notamment en matière de financement et d’acceptabilité par la population.



