La Foire de l’éducation et des carrières, ouverte le 14 mai 2026 à Bamako, entend rapprocher les parcours de formation des réalités du marché du travail en mettant l’accent sur l’orientation scolaire et l’insertion professionnelle des jeunes dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et un emploi largement dominé par l’informel.
La cérémonie d’ouverture de la Foire de l’éducation et des carrières s’est tenue au parc d’exposition du 5e arrondissement du District de Bamako sous la présidence d’Issoufi Arbert Bedari Touré, Directeur national de l’Enseignement fondamental et représentant du ministre de l’Éducation nationale.
La rencontre rassemble des acteurs du système éducatif, des partenaires techniques et financiers, des représentants diplomatiques, des journalistes, des établissements de formation ainsi que de nombreux étudiants et jeunes venus s’informer sur les opportunités d’études et de carrière. Selon les organisateurs, la foire se veut un espace d’échanges entre apprenants, institutions, professionnels et structures d’accompagnement.
Dans son intervention, Issoufi Arbert Bedari Touré a souligné l’importance d’une meilleure orientation des jeunes afin de les préparer aux métiers et aux compétences recherchées sur le marché du travail. Pour les autorités éducatives, l’orientation scolaire ne peut plus se limiter au choix d’une filière, mais doit contribuer à construire des parcours adaptés aux réalités économiques du pays.
Cette problématique prend une dimension particulière au Mali, où la population était estimée à près de 24,48 millions d’habitants en 2024, avec une croissance démographique avoisinant 2,9 %. Cette évolution accentue la pression sur le système éducatif, la formation professionnelle et le marché de l’emploi.
Les données sur l’emploi illustrent également les fragilités de l’insertion professionnelle. Bien que le taux de chômage officiel demeure relativement faible, il masque une forte précarité. En 2018, l’emploi informel représentait 93,4 % de l’emploi total, tandis que plus de 85 % des actifs exerçaient une activité indépendante en 2022. Pour une grande partie de la jeunesse, l’enjeu dépasse donc l’accès à une activité : il s’agit d’obtenir une qualification valorisable, un emploi stable et de réelles perspectives d’évolution.
Le décrochage scolaire constitue aussi un défi majeur. Selon les données de la Banque mondiale issues de l’OIT, 26,67 % des jeunes Maliens âgés de 15 à 24 ans n’étaient ni en emploi, ni en éducation, ni en formation en 2022. Cet indicateur met en évidence l’écart persistant entre les parcours éducatifs et l’insertion économique.
Le système éducatif reste en outre fragilisé par l’insécurité. Le Cluster Éducation Mali signalait qu’en mai 2025, 2 036 écoles étaient non fonctionnelles en raison d’attaques ou de menaces, privant plus de 610 800 enfants d’enseignement et affectant directement 12 216 enseignants.
Dans ce contexte, la Foire de l’éducation et des carrières dépasse le simple cadre d’une exposition. Elle pose la question de l’adéquation entre les formations proposées, les besoins des entreprises et les attentes des jeunes. Les organisateurs annoncent plus de 200 exposants, plus de 50 conférences et plus de 5 000 visiteurs attendus.
Le principal défi sera désormais de transformer ces échanges en passerelles concrètes entre écoles, centres de formation, entreprises et structures publiques. Une orientation efficace suppose en effet des informations fiables, des filières mieux identifiées et une connaissance plus précise des secteurs porteurs pour les jeunes Maliens.



