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La sécurisation des corridors d’approvisionnement est devenue la priorité absolue du gouvernement malien

Face à la multiplication des incidents sur les axes routiers vitaux du pays, les autorités maliennes ont réuni mercredi à Bamako transporteurs, militaires et acteurs économiques, annonçant la création d’une commission restreinte chargée d’un suivi hebdomadaire des corridors d’approvisionnement.

Le Mali institutionnalise la coordination entre l’État, les forces de défense et les opérateurs du transport, alors que l’insécurité croissante sur plusieurs routes menant à Bamako perturbe l’approvisionnement du pays en carburant, denrées et produits essentiels.

La rencontre du 14 mai s’est tenue sous la présidence du ministre de l’Urbanisme, des Domaines, de l’Habitat, de l’Aménagement du territoire et de la Population, assurant l’intérim du département des Transports et des Infrastructures. Elle a réuni le ministre délégué à la Défense et aux Anciens Combattants, des autorités militaires ainsi que les présidents des chambres consulaires du Mali. Les échanges ont porté sur la sécurité des principaux axes routiers, la mobilité des personnes et la circulation des biens.

Depuis la fin du mois d’avril, la dégradation sécuritaire sur plusieurs routes menant à la capitale a suscité une vive inquiétude parmi les opérateurs. Plus d’une dizaine de compagnies de transport routier ont suspendu leurs liaisons au départ et à destination de Bamako. Des véhicules ont été pris pour cible sur certains axes, contraignant transporteurs et voyageurs à redoubler de prudence.

Des convois, notamment des camions circulant dans la région de Nioro du Sahel, ont récemment été visés, sans qu’aucune victime ne soit signalée parmi les chauffeurs selon des sources locales. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de forte dégradation sécuritaire attribuée au JNIM et au FLA, avec des menaces persistantes sur plusieurs corridors logistiques reliant le Mali aux pays côtiers de la sous-région.

Pour ce pays enclavé, les axes routiers constituent la colonne vertébrale de l’approvisionnement national. Carburant, denrées alimentaires, matériaux de construction, équipements et produits de première nécessité y transitent en grande partie depuis les ports et marchés de la sous-région vers Bamako et les régions intérieures. Toute perturbation prolongée se répercute directement sur les prix, les stocks, les transporteurs et l’activité économique dans son ensemble.

Face aux tensions observées dans plusieurs stations-service de Bamako, les autorités avaient déjà tenté de rassurer début mai. La Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence avait annoncé l’arrivée progressive de plus de 830 camions-citernes d’hydrocarbures réceptionnés le 1er mai, dans le cadre d’une opération visant à maintenir la disponibilité du carburant malgré les perturbations sécuritaires.

Coordination et suivi hebdomadaire

La principale recommandation issue des échanges porte sur la mise en place d’une commission restreinte à réunion hebdomadaire, rassemblant l’administration, les forces de défense et de sécurité, les transporteurs et les acteurs économiques. Cette instance sera chargée de suivre l’évolution de la situation sur les corridors, de coordonner les actions futures et d’apporter des réponses plus rapides aux difficultés signalées par les opérateurs.

Pour les transporteurs, l’enjeu est d’obtenir des conditions minimales de circulation, de protection et de visibilité permettant la poursuite de leurs activités. Pour les autorités, il s’agit de sécuriser les flux logistiques sans entraver l’accès à la capitale et aux régions, dans un environnement sécuritaire qui continue de se dégrader.

Dans un pays fortement dépendant des importations par voie routière, la stabilité des axes conditionne directement l’accès au carburant, aux marchandises et aux services essentiels pour des millions de Maliens. La commission annoncée devra désormais démontrer si cette coordination régulière est en mesure de réduire effectivement les perturbations, de restaurer la confiance des opérateurs et de garantir la continuité de l’approvisionnement national dans un contexte de menace durable.

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