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L’Algérie traverse une période de durcissement politique marqué

Un rapport de Human Rights Watch met en cause une dégradation persistante des libertés en Algérie, illustrant un climat politique marqué par la restriction de l’expression et une gestion sécuritaire des questions migratoires.

Publié le 30 mars, le document de l’ONG décrit une répression continue de la dissidence, ciblant notamment les activistes, journalistes et figures publiques critiques. Selon HRW, les autorités « ont continué à réprimer la dissidence et à criminaliser l’expression pacifique », en particulier sur les réseaux sociaux, devenus un espace central de contestation . Plusieurs condamnations judiciaires sont citées, dont celle de l’activiste Mohamed Tadjadit, condamné à cinq ans de prison, ou encore des peines infligées à des militants liés au hashtag #ManichRadi, symbole de contestation en ligne.

Ce durcissement s’étend également au champ médiatique et intellectuel. Le rapport évoque la condamnation du journaliste français Christophe Gleizes à sept ans de prison, ainsi que celle de l’écrivain Boualem Sansal, finalement gracié après une peine de cinq ans. Ces affaires traduisent, selon l’organisation, une volonté de contenir les voix critiques au-delà du seul champ militant, en élargissant les poursuites à des profils médiatiques et culturels.

Par prolongement, les restrictions touchent aussi les formes d’organisation collective. HRW souligne un encadrement jugé contraignant des associations et des mobilisations sociales, avec des arrestations de syndicalistes et des poursuites visant des mouvements de protestation, notamment dans le secteur de la santé. Les limitations administratives, telles que les interdictions de déplacement imposées à certains opposants, participent d’un dispositif plus large visant à réduire l’espace public contestataire.

La dimension migratoire accentue encore les critiques internationales. L’ONG dénonce des expulsions massives de migrants vers le Niger, qualifiées « d’illégales et inhumaines », menées sans procédure régulière ni examen individuel des situations . Des milliers de personnes auraient été concernées, certaines abandonnées dans des zones désertiques, exposées à des risques majeurs. Les chiffres évoqués, notamment par des organisations locales et les autorités nigériennes, renforcent la portée de ces accusations.

Au-delà des cas individuels, l’ensemble du rapport dessine une trajectoire politique marquée par un resserrement du contrôle étatique. Human Rights Watch conclut à une « détérioration continue de la situation des droits humains », appelant les autorités algériennes à respecter leurs engagements internationaux et à garantir les libertés fondamentales . Cette accumulation de critiques intervient dans un contexte où l’image extérieure du pays se trouve de plus en plus exposée aux évaluations des organisations internationales.

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