Une nouvelle attaque meurtrière a visé l’armée nigériane dans l’État de Borno, épicentre de l’insurrection djihadiste dans le nord-est du pays. Selon des sources militaires citées par l’agence Reuters, au moins sept soldats, dont le commandant de la base, ont été tués dimanche soir lors d’un assaut mené par des combattants islamistes à proximité de la frontière avec le Tchad.
L’attaque a visé la base du 242ᵉ bataillon à Monguno. Des hommes armés circulant à moto identifiés comme appartenant à Boko Haram et à sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont pris d’assaut les installations militaires tard dans la soirée. Le commandant, sur le point de prendre sa retraite, a été tué dans l’assaut, tandis que six autres soldats ont péri lorsque leur véhicule a explosé sur une mine artisanale alors qu’ils se rendaient en renfort.
Les affrontements ont été particulièrement violents, au moins douze assaillants ont été abattus, selon les mêmes sources, qui ont requis l’anonymat car elles ne sont pas autorisées à parler à la presse. Les insurgés auraient également emporté des armes après l’attaque, avant de se replier dans la brousse.
Cette offensive s’inscrit dans une série d’attaques coordonnées menées ces derniers jours contre des positions de l’armée dans le nord-est du Nigeria. Boko Haram et l’ISWAP ont multiplié les assauts contre des bases parfois en sous-effectif, cherchant à renforcer leurs arsenaux et à affirmer leur présence dans une zone où les opérations militaires peinent à venir à bout de l’insurrection.
Depuis 2009, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement d’au moins deux millions de personnes, selon les organisations humanitaires. Le président Bola Tinubu, au pouvoir depuis 2023, a promis de mettre fin à ces violences persistantes, mais l’intensification récente des attaques souligne les défis sécuritaires auxquels son gouvernement reste confronté.



