Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a rappelé à son homologue kényan William Ruto le caractère « existentiel » des eaux du Nil pour l’Égypte, lors d’un échange téléphonique consacré aux équilibres hydriques et à la coopération régionale.
D’après un communiqué de la présidence égyptienne publié lundi 27 avril, les deux chefs d’État ont abordé en priorité le dossier du Nil, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre Le Caire et Addis-Abeba. Abdel Fattah Al-Sissi a souligné que « le dossier de l’eau du Nil revêt une importance extrême pour l’Égypte », insistant sur la nécessité de préserver les droits historiques du pays.
Cet échange intervient plusieurs mois après la mise en service par l’Éthiopie du Grand barrage de la Renaissance (GERD) en septembre 2025, une décision contestée par l’Égypte et le Soudan.
Dans le prolongement de cette position, William Ruto a mis en avant la volonté du Kenya de favoriser un « consensus entre toutes les parties concernées » du bassin du Nil. Nairobi, signataire de l’accord d’Entebbe de 2010 — qui redéfinit le partage des eaux du fleuve — ne l’a toutefois pas encore ratifié, contrairement à plusieurs pays riverains dont l’Éthiopie, le Rwanda ou encore l’Ouganda.
Le Caire et Khartoum rejettent cet accord, estimant qu’il ne prend pas en compte leurs droits historiques.
Au-delà du différend hydrique, les discussions ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales, notamment dans les domaines économique, commercial et des investissements. Aucun montant précis n’a été communiqué par les autorités sur d’éventuels projets ou engagements financiers, le communiqué se limitant à évoquer une intensification des échanges entre les deux pays.
Dans une extension des échanges, les deux dirigeants ont abordé la situation sécuritaire au Soudan, théâtre d’un conflit prolongé. Le président égyptien a appelé à la fin des hostilités et au respect de la souveraineté soudanaise, tandis que son homologue kényan a salué le rôle du Caire dans les efforts de stabilisation régionale. Les deux parties ont convenu de renforcer la concertation politique, notamment sur les enjeux de la Corne de l’Afrique.



