La Commission internationale de juristes alerte sur des violations étendues et presse Tripoli d’engager des mesures concrètes.
La Commission internationale de juristes (CIJ) a appelé les autorités libyennes à agir rapidement pour remédier à des violations des droits de l’homme qualifiées de généralisées, lors d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, consacrée à l’examen périodique universel du pays.
L’organisation souligne que les engagements pris par Tripoli restent insuffisants au regard de la situation documentée sur le terrain, marquée par des atteintes persistantes aux libertés fondamentales.
Les autorités libyennes ont accepté plusieurs recommandations portant notamment sur la fin des détentions arbitraires, des disparitions forcées, et l’amélioration des conditions de détention. La CIJ y voit un signal d’ouverture, tout en insistant sur la nécessité de traduire ces engagements en mesures opérationnelles. L’organisation appelle en particulier à des actions judiciaires effectives contre les responsables présumés d’abus, citant le cas d’Oussama Najim al-Masri, recherché par la Cour pénale internationale pour des faits liés à des détentions arbitraires et à des mauvais traitements.
La question migratoire reste un point de friction majeur dans l’évaluation internationale. La CIJ a regretté le rejet par la Libye de recommandations clés visant à mettre un terme aux détentions systématiques de migrants et aux expulsions collectives. L’absence d’un cadre national d’asile conforme aux standards internationaux continue de nourrir les critiques, dans un pays qui demeure un carrefour central des flux migratoires en Afrique du Nord.
Les enjeux de justice transitionnelle s’inscrivent dans le prolongement de ces préoccupations. Si les autorités ont accepté des recommandations relatives à la réconciliation nationale, la CIJ met en garde contre un essoufflement du processus. L’organisation appelle à une relance fondée sur la responsabilité des auteurs de violations et sur la réparation des victimes, considérée comme un pilier de stabilisation institutionnelle.
Ce tableau s’inscrit dans un environnement politique fragmenté, où les divisions entre autorités rivales compliquent la mise en œuvre des réformes. Des rapports récents continuent de faire état d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et de restrictions des libertés publiques. L’arrestation récente du militant Al-Mahdi Abdulati à Misrata, ainsi que la disparition non élucidée du député Ibrahim Al-Dersi depuis mai 2024, illustrent la persistance de zones d’ombre qui alimentent les inquiétudes des organisations internationales.



