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L’omerta au Mali et au Burkina Faso : Ce que l’on sait des récents évènements dans l’AES

Bla, Nioro du Sahel, Farabougou, Barani, etc. plusieurs sous-zones de la Confédération AES est en proie à la violence djihadiste. Les groupes armés terroristes (GAT) continuent d’assiéger les villages au Mali, au Burkina et au Niger. Le mois d’août aura été des plus en durant face au GAT. Malgré ces exactions du JNIM et de l’EIS, les juntes militaires au pouvoir à Bamako, Ouagadougou et Niamey continuent de garder le silence face cette escalade des forces obscurantistes.

Les violences dans la région de l’Afrique de l’Ouest, en particulier au Mali et au Burkina Faso, connaissent une escalade inquiétante. Pourquoi es autorités militaires restent muettes face à la montée en puissance des GAT qui multiplient ses mouvements sous forme d’attaques, d’assassinats, et de pillages, semant la terreur dans des populations déjà fragilisées.

Une escalade de violences impunie, entre répression et abandon
Les manifestations récentes d’habitants excédés par la montée de l’insécurité ont été réprimées dans la violence au Burkina Fao. Des tirs à balles réelles ont dispersé les protestataires qui réclamaient une protection renforcée face aux attaques répétées du JNIM et d’autres groupes armés. Selon plusieurs sources, plusieurs blessés et au moins deux morts sont à déplorer. Ces violences se poursuivent aussi dans plusieurs zones rurales du pays où le JNIM a récemment capturé des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), s’emparant d’armes et de munitions.

Au Mali, la situation est tout aussi grave. L’assassinat du maire de Dogofry, Modibo Kimbiri, en date du 30 août 2025, affirme la spirale de la violence.
D’après les informations, ce sont des chasseurs traditionnels dozos, parfois alliés à l’armée malienne, qui seraient responsables de cet assassinat. Loin de mettre fin au conflit, cette mort est intervenu après une attaque meurtrière à Farabougou, où une dizaine de militaires maliens et plusieurs civils ont été tués. Depuis, les jihadistes contrôlent la zone, contraignant les populations à accepter des accords locaux pour circuler sans risque, démarche vivement contestée par les dozos.

Blocus, embuscades et contrôle des axes stratégiques
La situation sécuritaire se dégrade également sur les axes routiers vitaux. Le 4 septembre 2025, le JNIM a imposé un blocus total aux villes de Nioro, Kayes et Ségou. Ce dernier contrôle désormais la route nationale entre Ségou et Bamako, un axe vital d’approvisionnement. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent une longue file de véhicules immobilisés, bloqués sur plus de 45 kilomètres, sans intervention visible des forces armées maliennes ou des alliés russes. Cette situation indique la faillite de l’État malien dans la gestion de son territoire et interpelle quant à la capacité réelle des autorités à protéger leurs citoyens.

Le blocage a des conséquences économiques et humanitaires dramatiques, paralysant les flux de denrées alimentaires, de carburant et de médicaments vers la capitale. Face à cette dégradation, les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme dénonce les atrocités et le silence coupable des autorités.
À cela s’ajoute un changement d’alliances et d’influences dans la région. Au Burkina Faso, la Russie gagne en influence, visible entre autres lors du FESPACO où un hommage à Vladimir Poutine a surpris observateurs et participants. Des artistes locaux financés par des fonds russes ont produit des clips à la tonalité presque nord-coréenne, célébrant cette nouvelle alliance. Dans le nord du Niger, le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ) intensifie ses opérations et menace les intérêts étrangers, notamment les compagnies chinoises exploitant les ressources pétrolières.

Ces évolutions incarnent une recomposition des soutiens et des stratégies, où chaque acteur cherche à asseoir son influence tout en contribuant aux tensions sur le terrain. La situation dans le Sahel et l’Est de la RDC demeure extrêmement précaire. Les civils continuent de subir la brutalité des groupes armés, alors que les États semblent incapables ou peu désireux de réaffirmer leur autorité. L’absence d’une réaction politique forte et d’une coordination régionale efficace ralentit considérablement les efforts de paix, laissant place à un climat d’insécurité chronique. Selon un syndicat de transporteurs sénégalais, les six chauffeurs enlevés cette semaine au Mali par des jihadistes présumés ont été libérés vendredi soir. Cette information, relayée par l’AFP, n’a pas été confirmée par le gouvernement sénégalais, qui a indiqué manquer d’« éléments probants ».

L’enlèvement avait ravivé les craintes d’un blocus jihadiste de l’axe vital Dakar-Bamako, après que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, ait annoncé bloquer les régions maliennes frontalières du Sénégal. Face à l’insécurité grandissante dans l’ouest du Mali, crucial pour les échanges régionaux, certaines compagnies de transport maliennes ont suspendu leurs activités. Le Sénégal, qui n’a jamais subi d’attaque sur son sol, renforce sa sécurité frontalière tandis que le Mali est en proie à une crise sécuritaire depuis 2012.

Burkina Faso : Kaboré confronté à la colère populaire
Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso depuis 2015, a longtemps été perçu comme un homme affable, porté par l’espoir d’un nouveau départ après la chute de Blaise Compaoré. Pourtant, son second mandat, obtenu en 2020, a été marqué par une détérioration sécuritaire profonde. Le pays subit attaque après attaque, faisant des centaines de morts et plongeant plusieurs régions dans un quasi-état d’abandon. Les promesses de lutter prioritairement contre les groupes armés n’ont pu être tenues.

Les massacres sanglants, tels ceux de Solhan en juin 2021 et d’Inata en novembre, ont renforcé la défiance et le ressentiment.
Manifestations de rue, souvent réprimées dans la violence, témoignent de l’exaspération de la population face à cette insécurité persistante. Kaboré, Mossi issu du monde bancaire et homme consensuel, n’a pas surmonté ces défis malgré la nomination de plusieurs chefs militaires et changements gouvernementaux. Son bilan sur les infrastructures et les services reste éclipsé par la gravité de la crise sécuritaire qui entraîne, entre autres, la fermeture de milliers d’écoles et le déplacement de près d’un million et demi de personnes.

Le Mali sous IBK : Entre crise politique et montée des djihadistes
Au Mali, l’instabilité politique s’est accentuée en 2020 avec les contestations menées par le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Après des élections législatives suspectées de fraude, des manifestations ont éclaté dans un climat d’insécurité croissante alimentée par la présence djihadiste. Le 18 août 2020, la junte militaire renverse le président Ibrahim Boubacar Keïta et le Premier ministre Boubou Cissé, établissant un Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Cette intervention a été dénoncée internationalement, notamment par la CEDEAO, qui a imposé des sanctions.

Malgré une prétendue maîtrise militaire, les djihadistes gagnent du terrain. Le JNIM a récemment imposé un blocus total sur plusieurs villes stratégiques, notamment Kayes, Nioro et Ségou, contrôlant désormais la route vitale entre Ségou et Bamako. Des centaines de véhicules sont bloqués, livrés au bon vouloir des combattants, sans aucun signe d’intervention des forces maliennes ou des alliés russes.

 

 

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