
L’usine « Chocolat Rouge », portée par l’industriel français Olivier Bordais, sera opérationnelle dès janvier 2026. Située à Nkol Melen, près d’Obala, cette unité de production occupe une surface de 3 000 m² et représente un investissement d’environ 1,5 million d’euros, soit près d’un milliard de francs CFA. Le promoteur, déjà à la tête de la chocolaterie « La Manufacture » en France, prévoit d’expédier les premières barres de chocolat haut de gamme en février 2026 sur le marché international, valorisant ainsi le « made in Cameroon ».
Une production cacaoyère sans précédent en 2024-2025
L’entrée en vigueur au 1er janvier 2026 du nouveau règlement européen sur la déforestation (RDUE) fait craindre des lenteurs administratives liées à la délivrance de documents de conformité. Sur ce point, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a assuré son engagement à intervenir auprès de ses collègues gouvernementaux pour lever rapidement ces obstacles. Pour le ministre, cette usine est appelée à profiter pleinement du modèle de circuits courts alliant durabilité et profitabilité partagée, fédérant l’ensemble des acteurs de la filière dans une démarche sociale et économique soutenable.
La campagne 2024-2025 a enregistré un record historique avec 309 518 tonnes de cacao commercialisées, une hausse de 13% par rapport à la saison précédente qui s’était soldée par 266 710 tonnes.
Ce volume dépasse largement les estimations optimistes du cabinet Fitch Solutions, qui tablait en février 2025 sur une croissance de seulement 6,7%, soit environ 280 000 tonnes.Cette production est toutefois proche des prévisions déjà publiées par la BEAC, la Banque des États de l’Afrique centrale, qui anticipait 306 800 tonnes au terme de la campagne 2024-2025. Cette progression confirme la place du Cameroun comme quatrième producteur mondial et troisième en Afrique en termes de volume, renforçant ainsi l’importance de ses exportations sur les marchés internationaux.
Prix élevés et revenus renforcés pour les producteurs
En plus de la quantité, la qualité de rémunération des producteurs est remarquable. Au cours de la saison 2024-2025, les prix bord-champs ont varié entre 3 210 et 5 400 francs CFA le kilogramme, malgré un léger repli par rapport au pic atteint l’année précédente à 6 300 francs CFA. Le ministre Mbarga Atangana note que ce niveau reste « le plus élevé au monde », pour permettre une rémunération globale de 1 200 milliards de francs CFA en faveur des producteurs durant cette seule saison. Cette situation participe à consolider la filière et l’économie rurale, dans un contexte où la qualité du cacao camerounais est reconnu mondialement.
Principalement exporté vers l’Europe (près de 80% du volume) et l’Asie (environ 20%), le cacao camerounais bénéficie d’une forte demande, grâce à sa réputation d’excellence.
Une filière en plein essor mais confrontée à des enjeuxLes acteurs centraux de la filière, dont Telcar, OFI CAM ou Sbet, sont engagés dans la modernisation et la structuration du secteur. Cependant, la filière doit relever plusieurs défis notamment gérer la volatilité des prix mondiaux, maintenir la qualité tout en augmentant la production, et accélérer la transformation locale pour gagner en valeur ajoutée. Yaoundé veut atteindre la barre d’un million de tonnes de cacao produit par an. Cette ambition gouvernementale reposera sur la mobilisation collective des acteurs, des producteurs aux exportateurs, en passant par les transformateurs.


