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Maroc: Tanger accueille, la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique (CEA)

Des ministres africains sont réunis à Tanger, au Maroc, pour débattre du rôle des technologies et des données dans la transformation économique du continent.

Tanger accueille, du 28 mars au 3 avril 2026, la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), réunissant la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique.

Organisée au Palais des arts et de la culture, cette rencontre continentale est consacrée au thème de la croissance par l’innovation, avec un accent sur l’exploitation des données et des technologies de pointe.

La tenue de cette session au Maroc marque un retour à Tanger, qui avait déjà accueilli une réunion de la CEA en 1960, et prolonge une série d’éditions organisées dans le Royaume, notamment à Marrakech en 2014 et 2019. Elle intervient dans un contexte où plusieurs économies africaines cherchent à accélérer leur transformation structurelle en s’appuyant sur les outils numériques et les nouvelles technologies.

S’exprimant à cette occasion, l’Ambassadeur, Représentant permanent du Royaume auprès de l’Union Africaine (UA) et de la CEA, Mohamed Arrouchi, a souligné que la tenue de cette session au Maroc revêt une portée symbolique et historique particulière, coïncidant avec le 66e anniversaire de la deuxième session de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) organisée en 1960 à Tanger, dans un contexte de profondes transformations qu’a connues le continent africain, au cœur de ce que l’on a appelé «l’Année de l’Afrique», marquée par l’accession à l’indépendance de nombreux pays et par l’émergence des premières visions d’un développement africain autonome.

Il a, dans ce sens, affirmé que le Maroc demeure un partenaire engagé et fidèle de la CEA depuis sa création en 1958, mettant en avant la contribution du Royaume à plusieurs reprises au renforcement des capacités analytiques de la Commission, à la promotion de l’intégration économique régionale et au partage de son expérience en matière de politiques publiques innovantes.

Cet engagement, a-t-il poursuivi, s’inscrit au cœur de la vision royale, qui place la coopération africaine au centre de la politique étrangère du Royaume, notant que le Maroc n’a cessé de promouvoir la coopération Sud-Sud, d’encourager les investissements intra-africains, de développer des infrastructures régionales durables et de soutenir des projets de transformation numérique et énergétique, contribuant ainsi à la construction d’une Afrique plus résiliente, intégrée et souveraine économiquement.

A travers l’accueil de cette importante session, le Maroc réaffirme sa volonté ferme de contribuer activement aux efforts continentaux visant à réaliser une transformation économique inclusive, durable et porteuse d’avenir, a relevé le diplomate, exprimant son espoir que les travaux de cette session contribueront à consolider une vision africaine commune, à définir des approches innovantes et à lancer des initiatives concrètes pour la prospérité des peuples africains.

Mohammed Tarik Bchir, directeur du Trésor et des Finances extérieures par intérim, représentant la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, a souligné lors de l’ouverture du segment des experts l’importance des partenariats africains dans la stratégie du Royaume. Il a également estimé que l’innovation technologique constitue désormais un facteur déterminant pour accompagner les mutations économiques du continent.

Ces orientations s’inscrivent dans une dynamique plus large de digitalisation des économies africaines, où les données et les technologies avancées sont de plus en plus perçues comme des instruments de productivité, d’industrialisation et de création d’emplois. Les discussions portent notamment sur les moyens de renforcer les capacités nationales et de favoriser une intégration régionale plus poussée.

La Secrétaire exécutive adjointe de la CEA chargée de l’appui aux programmes, Mama Keita, a pour sa part indiqué que l’innovation, l’accélération de l’exploitation des données et le recours aux technologies de pointe constituent une opportunité importante pour soutenir la transformation économique de l’Afrique et promouvoir une croissance durable et inclusive, relevant toutefois que cette dynamique demeure encore timide.

Elle a relevé que la croissance africaine des dernières décennies, bien qu’en progression, demeure essentiellement portée par l’accumulation des facteurs de production, tandis que la contribution de la productivité reste limitée, mettant ainsi l’accent sur la nécessité de renforcer la productivité totale des facteurs, notamment à travers le progrès technologique, l’amélioration des institutions et une meilleure efficacité économique.

Les travaux sont structurés en deux phases, avec un segment d’experts du 28 au 30 mars, suivi d’un segment ministériel prévu les 2 et 3 avril, précédé d’événements parallèles. Plusieurs responsables africains issus des secteurs des finances, du numérique, de la santé et de la planification sont attendus.

Tout au long des travaux de cette session, les ministres, les gouverneurs des banques centrales, les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les partenaires au développement analyseront comment les technologies de pointe, notamment l’Intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les systèmes de données avancés, peuvent stimuler la productivité, la diversification économique et la transformation structurelle des économies africaines.

Les discussions aboutiront à des recommandations ministérielles sur la souveraineté numérique, la gouvernance des données, la croissance tirée par l’innovation et l’investissement dans les infrastructures numériques et énergétiques.

Organe des Nations Unies fondé en 1958 et basé à Addis-Abeba, la CEA regroupe 54 États membres et a pour mission de promouvoir le développement économique et l’intégration régionale en Afrique. Sa Conférence des ministres constitue l’instance décisionnelle centrale, chargée d’adopter des orientations destinées à guider les politiques publiques du continent.

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