L’ex Président nigérian, Olusegun Obasanjo, accuse Goodluck Jonathan, l’actuel Président du pays de planifier le jeu électoral de l’ex Président ivoirien Laurent Gbagbo avec des lendemains incertains pour son pays. Cette accusation est balayée du revers de la main par Femi Fani-Kayode, le directeur de campagne du parti PDP au pouvoir qui a mis au point que « les jours où l’on place ses substituts au pouvoir sont à jamais révolus au Nigeria ».
En renouvelant ses critiques contre Goodluck, Obasanjo a déclaré le samedi dernier dans sa résidence à Abeokuta (Etat d’Ogun) à des journalistes que Goodluck conduit le pays vers un scrutin controversé et si éventuellement il perd la partie, il va se comporter de la même manière que l’ex Président ivoirien Laurent Gbagbo l’a fait dans son pays.
Des dessous du report de la présidentielle initialement prévue pour le 14 février dernier, Obasanjo a révélé que Goodluck « a forcé le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, le professeur Attahiru Jega, à reporter les élections générales » parce qu’il sait qu’il perdra la présidentielle.
En expliquant ce qu’il entrevoit, Obasanjo a laissé entendre qu’« Il me semble que le Président essaie de jouer comme Gbagbo … qui s’était arrangé à reporter la présidentielle dans son pays jusqu’à ce qu’il soit sûr de la gagner avant de pouvoir l’organiser ».
Et l’ex dirigeant militaire du Nigeria de poursuivre que Gbagbo n’avait pas gagné l’élection. Il a clarifié qu’a l’issue de la dernière présidentielle en Côte d’Ivoire Ouattara a devancé Gbagbo de 8% mais que ce dernier a refusé de rendre le pouvoir au gagnant. Par rapport à cette situation, Obasanjo a prédit que Goodluck a « un grand plan pour conserver de gré ou de force le pouvoir » avec ses conséquences possibles. Au regard de ce qu’il entrevoit, Obasanjo a maintenu que « le Président essaie de jouer comme Gbagbo ».
Contre les accusations d’Obasanjo, le directeur de campagne du PDD donc du candidat Goodluck, a mis au point qu’« Il est triste et regrettable que le Président Olusegun Obasanjo, un père de la nation et un homme que nous respectons tous, ait interprété la situation » qui a conduit au report des élections générales.
A propos de la comparaison faite par Obasanjo en disant que Goodluck est le prototype de Gbagbo, Kayode a fait savoir qu’il « injuste pour lui d’avancer que le Président Jonathan veut rester au pouvoir de gré ou de force car ce ne est dans la nature de Jonathan. C’est très mauvais pour lui pour de le comparer (Goodluck) au Président Laurent Gbagbo».
Désormais résolu à ne plus laisser Obasanjo continuer ses accusations, Kayode a d’abord fait savoir que Goodluck ne va pas s’accrocher au pouvoir avant de promettre que « Nous répondrons au Président Obasanjo en entier au temps opportun, mais la vérité est que nous ne allons pas lui permettre ou à n’importe qui de nous distraire de la tâche qui nous attend ».
En somme, l’accusation formulée par Obasanjo contre Goodluck et la contre réaction de Kayode illustrent la profonde divergence qui existe entre l’ex Président et l’actuel Chef de l’Etat. Ironie du sort, Obasanjo et Goodluck sont deux du même parti PDP au pouvoir, avec la seule différence que le natif d’Abeokuta cité s’est mis depuis un certain temps en marge des activités de sa formation politique.



