06232021Headline:

RDC: retour sur le 5 Juin 2000, ce jour là des combats opposaient les armées Rwandaise et Ougandaise

5 Juin 2000, ce jour là, de violents combats opposaient les armées rwandaise et ougandaise dans la ville de Kisangani au Congo. Ces affrontements qui ont duré six jours ont fait environ 1200 morts et au moins 3000 blessés.

Ce 5 juin 2000, alors que la deuxième guerre lancée en 1998 s’enlise sur la ligne de front, les troupes de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) et de la Ouganda People’s Defence Force (UPDF) s’affrontent pour le contrôle de la filière du diamant dans la capitale de l’ancien Haut-Zaïre. Selon Amnesty Internationale, 1.200 civils congolais ont perdu la vie, tandis qu’on dénombre plus de 3.000 blessés.

Les deux armées s’étaient alors livrées à des attaques sans commune mesure à l’arme lourde dans la ville notamment dans des quartiers immensément peuplés. Rwandais et Ougandais s’étaient déjà affrontés à deux reprises auparavant, dans cette même ville de Kisangani (un premier affrontement en août 1999 et un deuxième en mai 2000). Mais les combats de juin 2000 seront d’une intensité jamais vu.

Tout commence une semaine auparavant quand les habitants de Kisangani sont les témoins d’une intense campagne de haine entre les deux camps. La Radio-Liberté (RALI, d’obédience ougandaise) et la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC, d’obédience rwandaise) relaient abondamment des messages de haine,des appels à la guerre et à la vengeance.

Le 4 juin 2000, des militaires ougandais prennent d’assaut le centre-ville, pendant ce temps, des colonnes de militaires rwandais se déploient dans les quartiers. Au vu des évènements, un affrontement armé semble imminent. Finalement, les combats éclatent le lendemain matin (5 juin).

Durant presqu’une semaine, les combats notamment à l’armes lourdes font rage.

Selon l’ONG Groupe Justice et Libération, plus de 10.000 obus et des milliers de balles à l’arme légère et automatique sont tirés dans la ville. La cathédrale, des hôpitaux, l’université et de nombreux bâtiments emblématiques sont touchés.

Finalement le dimanche 11 juin, les militaires rwandais parviennent à prendre le dessus et à chasser les forces ougandaises de la ville.

Dans sa résolution 1304 (adoptée le 16 juin 2000), le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait ordonné au Rwanda et à l’Ouganda de fournir des réparations pour les pertes en vies humaines et les dommages matériels qu’ils avaient infligés à la population de Kisangani.

En décembre 2005, la Cour Internationale de Justice avait condamné l’Ouganda à réparer les effets désastreuses de son invasion du Congo et à payer des dommages proposés par les autorités congolaises à hauteur de 6 à 10 milliards de dollars. Elle avait laissé l’Ouganda et le Congo convenir à l’amiable du montant des réparations, ce qui n’a jamais été fait jusqu’à ce jour.

21 ans après, aucune victime n’a pu obtenir justice, tandis que les chefs militaires rwandais et ougandais impliqués dans ce désastre, n’ont jamais été inquiétés. Les uns et les autres étaient retournés au Rwanda et en Ouganda où ils poursuivirent leur carrière dans les appareils d’État des deux pays.

le360.ma

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