A une semaine de la date prévue, la commission électorale nigériane a annoncé le report des élections présidentielles et législatives de six semaines, samedi 7 février, repoussant le vote au 28 mars. La raison invoquée par les autorités est l’impossibilité pour les forces de l’ordre d’assurer la sécurité du scrutin, alors qu’elles sont engagées dans des opérations militaires contre le groupe islamiste armé Boko Haram, dans le nord-est du pays.
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), Attahiru Jega, a expliqué devant la presse avoir donné suite à une demande des responsables de la sécurité, qui ont jugé « déraisonnable » de maintenir la date des scrutins au 14 février alors que les forces de défense ne seraient pas disponibles pour assurer la sécurité du vote sur l’ensemble du territoire. Beaucoup craignent en effet que Boko Haram ne profite des rassemblements d’électeurs pour commettre de nouveaux massacres, même si l’insurrection est confrontée ces derniers jours à une pression militaire croissante.
« DES ÉLECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ET CRÉDIBLES »
« Si la sécurité du personnel, des électeurs, des observateurs électoraux et du matériel électoral ne peut pas être garantie, la vie d’innocents jeunes hommes et femmes ainsi que la perspective d’élections libres, justes et crédibles seraient grandement compromises », a affirmé M. Jega à l’issue de plusieurs rencontres à huis clos avec la classe politique, la société civile et les membres de l’organe électoral.
Jusqu’à samedi, l’INEC, sous forte pression, avait résisté aux demandes de report des scrutins qui se sont multipliées ces dernières semaines dans le pays, y compris au sein d’instances officielles, et elle avait assuré à plusieurs reprises être prête pour l’échéance du 14 février avant de changer de discours, samedi.
« Il y a un certain nombre de questions qui sont cruciales pour les élections, comme la sécurité qui n’est pas sous le contrôle de la Commission électorale nationale indépendante (INEC) », a justifié Attahiru Jega.
« RECUL MAJEUR POUR LA DÉMOCRATIE »
Après l’annonce de cette décision, l’ex-général Muhammadu Buhari, candidat du Congrès progressiste (ACP) et l’un des favoris du scrutin a dénoncé « un recul majeur pour la démocratie nigériane », affirmant qu’elle annoncerait « dans les prochains jours » s’il se rangera ou non au choix des autorités.
Le Parti démocratique populaire du président et candidat sortant Goodluck Jonathan, autre favori du scrutin avait lui affirmé avant toute annonce officielle qu’il accepterait la décision de la commission électorale quelle qu’elle soit.
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