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Romuald Wadagni : Un profil « dérangeur » pour l’opposition Béninoise

La désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle à la présidentielle de 2026 n’est sans réactions au Bénin. Si son profil incarne la continuité et une expertise solide, d’un autre flanc, d’autres préfèrent attendre la désignation du candidat de l’opposition avant de se prononcer. Tout compte fait, l’opposition est mal à l’aise face à ce profil dérangeur et qui donne des insomnies à la partie adverse.

Pour Tchanati Augustin, un étudiant, ce choix s’impose naturellement. « Wadagni a fait ses preuves aux côtés du président Patrice Talon, notamment dans la gestion des finances publiques. C’est un atout indéniable pour le pays », observe-t-il. Le développement des infrastructures routières dans le nord du pays et l’amélioration des conditions de vie des enseignants, restent aussi à poursuivre, se dit-il. « Le candidat Romuald Wadagni doit assurer la continuité, sans décevoir les Béninois », assène-t-il.

Aux yeux de Sossisti, la jeunesse du candidat est un élément positif. « Un jeune, comme lui, apporte la vigueur nécessaire, et son expérience ministérielle rassure. Il incarne la continuité du régime », affirme-t-il. Ce mot « continuité » revient fréquemment chez ceux qui ont suivi son parcours à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.

Un regard doux de la société civile
Pour une partie de la population, il est encore trop tôt pour se prononcer pleinement. Dans les rues, certains citoyens restent dans l’expectative. « Nous avons vu Wadagni à l’œuvre, mais nous attendons aussi que l’opposition désigne son candidat. Ensuite, on comparera », confie un habitant. Même recul du côté de Clément, commerçant nigérien installé au Bénin : « La mouvance a choisi Wadagni. J’attends que l’opposition fasse de même avant de me faire une opinion. »

Au-delà du grand public, la classe politique s’est également exprimée à propos de cette candidature. Pour Labiou Amadou Djibril, député et premier questeur de l’Assemblée nationale, ce choix représente un changement important. Il y voit « un message clair porté par le Bénin, qui mise sur une nouvelle génération de leaders reconnus au niveau international ».

Selon lui, cette désignation exerce une pression forte sur l’opposition, notamment sur le parti Les Démocrates, privée d’un projet concret susceptible de séduire la jeunesse. « L’expertise rencontre l’engagement, la compétence prime sur les calculs politiciens », affirme Labiou Amadou Djibril, convaincu que Wadagni impose un nouveau rythme dans le paysage politique national.

Un large soutien et des attentes élevées
Depuis l’annonce de sa candidature, Romuald Wadagni bénéficie d’un soutien grandissant, y compris au sein de cercles traditionnellement critiques envers le régime. Lors d’une intervention médiatique le 3 septembre 2025, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, a souligné cet élan favorable.

« Monsieur Wadagni ne se présente plus seulement comme le candidat de la mouvance présidentielle, mais également comme celui d’une large opinion nationale, incluant des voix qui ne soutiennent habituellement pas le gouvernement », a-t-il déclaré.
Il a cité plusieurs personnalités éminentes, comme les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, ainsi que le patriarche Urbain Da Silva, qui ont exprimé leur adhésion à la candidature.

Le porte-parole évoque aussi la possibilité d’une large union politique, dépassant les divisions habituelles : « Si l’opposition venait à se rallier autour de ce candidat reconnu, ce serait une victoire pour tout le pays. Nous tendons vers cette perspective, même si nous n’y travaillons pas de façon spécifique. » Wilfried Houngbédji insiste sur le fait que le gouvernement respecte l’existence de profils solides à l’opposition, mais estime que trouver un candidat au-dessus de Wadagni sera un défi. Il rappelle également que des députés issus de l’opposition, comme Léon Basile Ahossi, ont déjà exprimé leur soutien.

Le profil de Romuald Wadagni, conjuguant jeunesse et une longue expérience ministérielle, suscite donc à la fois adhésion et prudence. Le rejeton d’une nouvelle génération de dirigeants semble prêt à incarner la continuité d’un régime souhaitant asseoir ses acquis, notamment sur la scène économique. Pourtant, la vigilance reste de mise quant à l’aptitude de ce candidat à répondre aux défis sociaux et économiques que traverse encore le Bénin.

Outre les tractations politiques, c’est un profond désir de stabilité et de progrès qui anime une large partie de la population. Alors que les campagnes débutent doucement, la bataille pour la présidentielle de 2026 s’annonce déjà serrée, entre volonté de changement et recherche de continuité.

 

 

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