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Agriculture durable : La Côte d’Ivoire et l’Ue s’engagent pour une cacaoculture “Zéro déforestation”

Une journée focus du ministère des Eaux et Forêts a été organisée, hier, au Parc des expositions d’Abidjan en zone aéroportuaire, dans le cadre du Sara.
Le ministère des Eaux et Forêts a organisé, hier, une journée focus sur ses activités, dans le cadre du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (Sara) qui se tient au Parc des expositions d’Abidjan, en zone aéroportuaire.

La journée a été essentiellement marquée par des panels dont l’un a pour thème : « Entrée en vigueur de la nouvelle règlementation de l’Union européenne sur la déforestation importée : défis et enjeux pour la Côte d’Ivoire ».

La rencontre a enregistré la participation d’experts ivoiriens et de représentants de l’Union européenne.

A l’ouverture, le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, a réaffirmé l’engagement du gouvernement ivoirien à promouvoir une cacaoculture « Zéro déforestation », afin d’éviter l’interdiction des exportations des produits de la Côte d’Ivoire vers les pays de l’Union européenne.

En effet, a-t-il rappelé, dans sa stratégie de sauvegarde de la planète, l’Union européenne a adopté un nouveau règlement relatif à la déforestation importée, interdisant l’entrée sur son territoire de produits agricoles issus de la déforestation.

Au nombre desquels figure le cacao, qui représente 14% du Pib ivoirien, 35 % des recettes d’exportation et génère près d’un million d’emplois.

Selon le ministre, la filière cacao contribue à la subsistance de plus de cinq millions de personnes en Côte d’Ivoire. « Dans un contexte d’incertitude économique et d’insécurité alimentaire, toute interdiction ou limitation des exportations des produits de la Côte d’Ivoire vers les pays de l’Union européenne pourrait entraîner des conséquences négatives sur notre économie et réduire les capacités des autorités ivoiriennes à investir dans les projets concrets qui contribuent effectivement à lutter contre la déforestation », a-t-il lancé.

Laurent Tchagba a aussi indiqué que plusieurs mesures ont déjà été prises en vue de favoriser la protection des forêts, encourager le reboisement, assurer la transition de l’agriculture ivoirienne vers des modèles plus durables.

« Le suivi de la déforestation réalisé indique une baisse considérable, passant de 300 000 hectares de pertes de couverture forestière moyenne annuelle, entre 1990 et 2000, à 26 000 ha en 2021. Les efforts se sont accentués et se poursuivent avec pour ambition, de porter d’ici 2030, notre couvert forestier à 20 % du territoire, contre 9,8 % en 2021 », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, Francesca Di Mauro, ambassadrice de l’Union européenne auprès de la République de Côte d’Ivoire, a indiqué que le règlement contre la déforestation vise à endiguer la déforestation causée par les produits mis sur le marché européen.

« En Côte d’Ivoire, les secteurs clé concernés par ce règlement sont le cacao, l’huile de palme, l’hévéa, le café et le bois. l’Ue est toute à fait consciente que la Côte d’Ivoire sera parmi les pays les plus impactés par la réglementation mais nous pensons que le pays sera à la hauteur », a-t-elle précisé.

A l’en croire, l’Union européenne est le premier continent qui aspire à la neutralité climatique en 2050, avec un objectif intermédiaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre à 55% en 2030.

Ce pacte, dira-t-elle, se décline sous diverses formes, que ce soit dans la protection de l’environnement, la lutte contre la pollution, la condition bas carbone ou la promotion de l’agriculture durable.

« C’est dans ce contexte qu’il faut voir la réglementation européenne de lutte contre la déforestation induit par les chaînes de valeur agricoles que nous souhaitons vous présenter aujourd’hui », a-t-elle soutenu.

Elle a aussi rappelé que l’Ue a pu mobiliser un appui budgétaire de 8 millions d’euros, soit environ 5 milliards de FCfa et aussi financé différents projets pour soutenir la Côte d’Ivoire dans l’élaboration d’instruments de traçabilité ou de suivi de la déforestation.

« Une carte d’occupation des sols sera bientôt disponible. Elle permettra aux acteurs de la filière et aux opérateurs d’appliquer sans retard les nouveaux critères d’accès au marché européen », a-t-elle prévenu.

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