Mercredi 4 juin 2025, le tribunal correctionnel de Paris a requis des peines allant de 4 mois avec sursis à 4 mois de prison ferme contre trois militants identitaires poursuivis pour provocation à la haine et raciste envers Aya Nakamura.
Ces individus, âgés de 20 à 31 ans et liés au groupuscule d’extrême droite Les Natifs , sont accusés d’avoir publiquement insulté Aya Nakamura , la star franco-malienne à l’occasion de sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO 2024. Pour la procureure, leur objectif était d’« empêcher cette chanteuse française de se produire, en raison de ses origines ». Le jugement est attendu le 17 septembre prochain.
JO Paris 2024, Y’a pas moyen Aya
Le groupe avait déployé une banderole raciste le 9 mars 2024 sur l’île Saint-Louis à Paris, vue plus de 4,5 millions de fois sur les réseaux sociaux. Sur cette banderole et dans certaines publications, l’on pourrait lire « Y’a pas moyen Aya. Ici c’est pas Paris, pas le marché de Bamako », un message qui se référait préciser à son tube Djadja et à Bamako, a choqué l’opinion.
L’un d’eux, porte-parole des Natifs, a déclaré que l’action visait à dénoncer la « dissolution de notre culture ancestrale ». Mais pour la justice, il s’agit clairement d’un appel à la haine raciale.
En effet, la chanteuse Aya Nakamura, absente de l’audience, avait porté plainte le 20 mars après avoir été ciblée par une campagne en ligne raciste, amplifiée par le média Livre noir . Les poursuites s’appuient notamment sur les signalements de SOS Racisme et de la Licra.
La justice face au discours de haine
Vêtus de noir et imperturbables, les prévenus ont tenté de noyer le poisson en invoquant la liberté d’expression. L’un d’eux, porte-parole des Natifs, a déclaré que l’action visait à dénoncer la « dissolution de notre culture ancestrale ». Mais pour la justice, il s’agit clairement d’un appel à la haine raciale. Difficile donc de faire passer la pilule sous couvert de patriotisme culturel.
Malgré les tentatives de leurs avocats d’obtenir la détente, le parquet reste ferme. En dénonçant une rhétorique haineuse, la procureure veut faire de cette affaire un exemple. Il faut dire que le climat politique et social autour de l’identité en France reste un terrain glissant, souvent miné par les discours extrémistes.
Aya Nakamura, cible de l’extrême droite
Réputée pour casser les codes et battre les records, Aya Nakamura, 30 ans, cristallise les tensions. Sacrée artiste féminine aux Victoires de la musique 2024, elle est devenue la chanteuse francophone la plus écoutée au monde. Sa prestation au Pont des Arts, lors des JO, fut saluée comme un acte de reconnaissance de ses mélomanes.
Mais à chaque médaille son revers. Les Natifs, très actifs sur X (18.000 abonnés) et Instagram (10.000), multiplient les actions coup de poing pour faire parler d’eux. En mars, ils ont recouvert des portraits de femmes voilées à Saint-Denis. Une stratégie de provocation qui, pour la justice, a franchi la ligne rouge.



