L’artiste ivoirien Dénis Koulaté, plus connu sous le pseudonyme de Petit Déni, s’est confié sans filtre dans l’émission « The Code » animée par Yvidero et diffusée le samedi 24 janvier 2026.
Au cours de cette interview, Petit Dénis est revenu avec franchise sur son rapport à la drogue, ses relations familiales parfois tumultueuses, ainsi que sur ses démêlés avec le Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA), qu’il accuse de ne pas lui reverser ses droits depuis le début de sa carrière.
Quand le succès rime avec solitude
L’icône ivoirienne se confie sans fard sur son passé tourmenté. Entre dépendance et remords, il raconte l’impact de la drogue sur sa vie personnelle et professionnelle « Je ne peux jamais dire que la drogue m’a tout fait perdre. Elle ne m’a rien volé : mon talent est toujours là. Même mes amis n’arrivent pas à me concurrencer, malgré la drogue. » Mais, il admet que cette addiction lui a fait perdre un temps précieux, un temps qu’il qualifie de « précieux et irrécupérable », et surtout blessé ceux qui lui étaient proches.
« Mes albums sont toujours joués, toujours écoutés et moi, je ne perçois rien. »
Avec émotion, il évoque des personnes âgées qui pleuraient pour lui, les veillées de prière organisées à son intention, et les conséquences de ses actes sur l’ensemble de la Côte d’Ivoire : « J’ai fait du mal à toute la Côte d’Ivoire. » Il raconte cette solitude particulière de la chute d’une star « Quand tout va bien chez toi, tu as des parents autour de toi. Mais quand tu chutes, il n’y a personne pour s’identifier à toi. » Dans ce tourbillon de regrets, il met en avant le rôle central de sa mère, l’unique personne à avoir toujours été à ses côtés, et reconnaît avec douleur « À part ma mère, je ne peux pas dire que j’ai fait du mal à mes parents. Oui, j’ai fait du mal à ma mère. »
Des droits détournés et une carrière spoliée
Au-delà des blessures personnelles, l’artiste expose une véritable injustice financière qui entache sa carrière. Malgré un succès colossal et une popularité intacte, il affirme n’avoir jamais perçu les droits d’auteur dus par le BURIDA depuis son titre Zigbo Gbôlô. « Le BURIDA me doit plus de 36 millions, et il ne peut pas le nier », déclare-t-il, ému, soulignant que malgré la diffusion constante de ses albums et leur popularité auprès du public, il reste exclu des revenus générés par ses œuvres. L’artiste compare sa situation à celle de Bob Marley : « Mes albums sont toujours joués, toujours écoutés et moi, je ne perçois rien. »
Il dénonce également des pratiques douteuses de certains producteurs, qui auraient perçu ses droits à sa place, le laissant dans une impasse administrative et financière. Selon lui, au BURIDA, il se voit parfois attribuer ses propres titres sous le nom d’autres auteurs ou compositeurs, une situation absurde qui le prive de sa juste rémunération. L’artiste, pourtant considéré comme le Zouglouman le plus vendu et le plus aimé de Côte d’Ivoire, révèle que cette injustice touche les créateurs les plus populaires et met en lumière les dérives d’un système censé protéger les droits des artistes. Son témoignage soulève des questions cruciales sur la reconnaissance et la justice pour les créateurs ivoiriens, entre passion, talent et exploitation.



