Le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a rendu son verdict le mardi dans l’affaire opposant le ministère public à l’humoriste Amani Koffi Mathieu, connu sous le nom de Ramatoulaye DJ.
Il écope de 15 jours de prison ferme, assortis de trois mois de prison avec sursis. La justice lui fait également injonction de payer une amende de 500 000 FCFA.
L’humoriste était poursuivi pour outrage à l’emblème national et profanation du drapeau ivoirien.
L’artiste était sous mandat de dépôt au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA) depuis le 13 janvier 2026, date de son audition par les autorités judiciaires.
Les faits reprochés à l’humoriste remontent au samedi 10 janvier 2025. C’était à l’issue de la défaite des Éléphants face à l’Égypte (3-2) en 8e de finale de la CAN 2025 au Maroc.
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Ramatoulaye DJ apparaît en train de piétiner un maillot aux couleurs nationales.
Le geste qui a suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique.
Face à la polémique, l’humoriste avait tenté d’apaiser les tensions. Il avait publié, le lundi 12 janvier, une vidéo d’excuses sur sa page Facebook.
On l’y voyait à genoux, les mains jointes, demandant pardon à la Nation ivoirienne.
« Je demande pardon à la Nation, je demande pardon à tout le monde (…) J’ai fait une vidéo que vous n’avez pas aimée, je suis désolé », déclarait-il.
Son épouse, connue sous le sobriquet Bibiche, est également intervenue publiquement pour implorer la clémence des autorités.
Dans un message empreint d’émotion, elle a reconnu la gravité de l’acte tout en soulignant les regrets profonds de son mari.
« Je me tiens devant vous aujourd’hui, non pour justifier l’injustifiable, mais avec le cœur d’une épouse meurtrie », a-t-elle écrit, avant d’adresser des excuses au peuple ivoirien.
Avec ce verdict, la justice ivoirienne a voulu marquer la gravité des atteintes aux symboles de la République, tout en tenant compte des excuses publiques formulées par l’artiste.
Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des acteurs publics et des influenceurs sur les réseaux sociaux, notamment en période de forte sensibilité nationale.



